Solaris (retour)

L’océan de Solaris scanne les âmes qui flottent au-dessus de lui dans la station spatiale. Ou peut-être ce sont elles qui émettent vers lui des encéphalogrammes, des signaux, des pings dans le noir, des désirs, des rêves. Et la réponse, le cadeau est terrible : Solaris donne ce qu’on désire et ce qu’on redoute le plus. Pour Kelvin, c’est Khari, sa femme morte dix ans plus tôt, suicidée. Mais ce n’est pas vraiment elle, ni vraiment ‘ça’. C’est la projection, le désir, le fantasme de Khari par Kelvin. Les plans de Kelvin en train de dormir sont effrayants parce qu’on sent la mécanique de l’inconscient en train de vrombir, les désirs, passagers clandestins des rêves, qui volent, qui cavalent à l’encontre de la conscience. ‘Ce n’est pas un problème de folie — la mystérieuse pathologie qui frappe les occupants de la station —, c’est un problème de conscience’, dit le Dr Guibarian avant de disparaître. Chacun a le sien – Wunscherfüllung -, à lui destiné, adapté, dans sa cellule spatiale. Tous lui envient celui de Kelvin : l’amour. Tout explose tout de suite, toute vraissemblance, toute finalité, toute logique, toute cause. Il n’y a plus de pourquoi à cette mission et tous luttent pour se parler encore, pour se considérer encore les uns les autres, pour faire société — car plus rien n’a d’intérêt que ce que l’océan a mis sous leurs yeux. Les ondes de la psyché assouvies, les désirs qui rencontrent leur réalisation sans frein dans cette étrange matière visqueuse, fluide, omnipotente, plastique, sans limite.

– Et toi, tu te connais ?, demande la copie de Khari.

– Comme tout être humain, murmure Kelvin devant le miroir.

Le sujet du film, en gigogne dans cette science-fiction métaphysique, dans cette interrogation philosophique sur l’humain, le sujet du film finalement c’est l’amour. Couchés sur le lit dans la capsule spatiale, Khari et Kelvin constatent qu’ils s’aiment, peu importe l’étrangeté de la situation. Peut-on aimer un ectoplasme, un fantasme, le résultat d’une projection, la matérialisation d’un souvenir? Il faut croire que oui. Plus troublant, est-ce que cet ectoplasme, cet assemblage de neutrinos qui ne peut ni dormir ni mourir, peut aimer aussi? Eh oui. C’est la Prisonnière de Proust, et c’est aussi Blade Runner avec Rachel et Deckard. L’objet de l’amour souffre de cette projection et vit par elle. Si l’amour disparaît, elle défonce la porte, elle meurt, elle revit, elle devient une altérité, elle devient une conscience, elle renvoie sa projection à Kelvin qui devient objet, ectoplasme à tour, fantasme, désir. On n’aime que ce qu’on peut perdre, dit Kelvin.

La séquence où Khari, dans la bibliothèque, se perd dans la contemplation du tableau de Brueghel en fumant une cigarette, les chasseurs dans la neige avec le prélude en fa mineur de Bach… A-t-on jamais vu un plus beau film? Ich ruf zu dir, Herr Jesu christ… chante le Lied… L’humanité, ça s’acquiert, ça se mimique, ça se copie et ça s’éprouve. C’est cette artificialité, c’est cette synthèse qui émane de nous, cette alphabétisation chimique d’un mystère, cet appel, ce code. Nous ne cherchons pas du tout de nouveaux mondes et la science, ce sont des fadaises, constate Snaut un peu amer dans son costume déchiré. Nous cherchons l’autre et nous cherchons nous-mêmes.

Au 104

L’ironie des situations. Dans l’ancien bâtiment des pompes funèbres municipales, devenu centre d’art, j’attends pour la vaccination du Covid. Merveilleuse versatilité des halles industrielles du dix-neuvième siècle, on peut tout y faire avec style. Sous les verrières rénovées de la halle, donc, voici l’alignement de cubicles gris qui forment, par leur savante disposition, quelque chose comme un camp de baraquements. Travées, places, numérotation, formulaires : tout de suite s’instaure un sens. L’administration s’exprime toujours de la même manière dans l’espace, quand elle s’y met vraiment. Eh bien, il semble que nous y sommes, les mailles du tamis, réglées au minimum, ratissent. L’amusant est que le centre d’art est aussi ouvert, moyennant la production du passe sanitaire. On attend dans une clairière entre les cubes gris, un long moment assis dans un carré de gens qui s’observent mi-goguenards, mi-terrifiés comme dans la scène du cachot de l’Armée des Ombres. Puis on penètre dans une cabine, subit un court interrogatoire, et enfin la piqûre. Ensuite on continue dans le process, qui s’insère merveilleusement dans le plan du 104, passerelles, coursives, demi-niveaux, merveille qui est finalement le plan des pompes funèbres elles-mêmes. Fluidité du process qui atteint son optimum quand les individus (volontaires, infirmières, médecins) s’oublient eux-même pour devenir le grand corps qui s’échauffe et fonctionne, la machine. On glisse d’un demi-niveau à l’autre comme les cochons de l’abattoir de Chicago décrits par Siegfried Giedon dans la Mécanisation au Pouvoir. L’efficace s’atteint, s’accomplit, les fiches se remplissent, les QR Codes fleurissent et glissent silencieusement dans la nuit électronique. Assis sur leur chaise de plastique noir, dans l’Attente, les vaccinés se recroquevillent sur leur portable, tout au plus fanfaronnent-ils au téléphone. Ça y est, ânnonent-ils. La société, ce n’est pas que ce vague sentiment ressenti l’autre jour à Stockholm, cet édredon d’or pâle sur lequel il faisait bon prendre place, nonchalamment, comme par inadvertance, cet ordre vaste et souple qui passait entre les nuages, cette évidence au fond des yeux clairs. C’est aussi, et avant tout, ce moment où les individus s’abolissent et deviennent une abstraction. Ce moment où un ordre apparaît. Dans les chiottes du 104, on voyait des individus hagards, tous surpris de lui appartenir, à cet ordre. Certains appelaient leur mère, pressentant un malentendu, un quiproquo, une erreur factuelle dans les petits caractères du contrat, dans les circonvolutions du QR code. Ils titubaient sur les rampes de ciment, bientôt ils allaient se reprendre et sortir plus droits du hangar, avec peut-être un petit rictus aux lèvres. Marqués, enregistrés. Dieu! Quel mécompte! C’était donc ça? Cette appartenance? Cette soumission? Cette condition? C’était donc ça, frères humains? Impavides, les néons rouges frémissaient dans la pénombre du chemin du retour.

Djurgården

A Stockholm, on évolue dans un espace ouvert, eau, ciel, ville, parcs et forêt, or pâle de l’atmosphère. La fin de l’été est fluide, fraîche, tranquille. Le soleil est oblique et pâle et il a son pesant d’ombres bleues. Le soleil est la tristesse et la joie, un sentiment impossible à définir. Ici, on est pris en charge par les amis qui nous aiguillent, nous aident sans nous toucher, comme par induction. Sourires, silences. Le terrible, l’hiver n’est pas pour demain mais il approche. Chacun contient les autres, chacun se conduit avec cette bonne volonté sous-jacente, cette certitude des yeux clairs. Que cachent-ils? L’architecture, par exemple (Liljevalchs Konsthall) n’est pas essentiellement différente mais la teneur des rapports humains l’est. On sent ici une sorte de Grand Etre qui serait la société. Est-ce au détriment de l’individu? Peut-être, mais à lui, tout lui sera rendu au centuple simplement en marchant dans la forêt, en nageant dans un lac, sous le ciel. Il y a quelque chose de précieux qui vit ici, dans un demi-sourire inexprimé. Quelque chose de minéral, végétal, mutique et vivant. Une essence. Cela intrigue le néophyte, l’urbain fatigué des combats, le midlifer. On aimerait comprendre. On aimerait rester. On se prend à rêver, comme à la fin des voyages, la vie qu’on pourrait avoir, l’identité qu’on pourrait avoir, ici. Sur la baie de Djurgård…

Skitjärn (Dalarna 12)

Un instant sur le ponton

Capter les rayons obliques du soleil

Tous les rayons possibles entre deux nuages

Nager entre deux couches d’eau l’une froide l’autre très froide où règnent les algues et les nénuphars

Sentir la différence

Jouir non pas du moment mais de l’instant

D’où vient ce sentiment de perte irréparable cette douleur

C’est la vie sans doute

C’est l’envers de notre capacité à être heureux

Depuis dix jours je me sens comme une aiguille qui oscille parmi les troncs pâles des bouleaux

Demain Uppsala et puis Stockholm, Runmarö

Here I come, Tranströmer

Ali (Angst essen Seele auf)

1974

Le plus dur à regarder, sans doute. D’où vient cette gêne? Münich, ici ville grise. Les ‘Wohnungen’, pas vraiment des HLM, des logements pauvres, usés. Des objets du quotidien dérisoires, un cadre moche au mur, une table en formica. Les rues, et puis le bar, tout aussi usé avec ses lumières jaunes, ses à-plat d’orange, son juke box rempli de musiques arabes. Ali est là, au bar, stoïque, droit, taiseux. Il boit des bières allemandes. Barbara, la barmaid, le couve de ses regards muets, le tient par-derrière son bar, par induction presque. Et pourtant, trompant sa surveillance, l’improbable, le ‘pas naturel’ survient en la présence d’Emmi, femme de ménage de soixante ans. Ils dansent, ils se sourient, ils se disent des choses aimables. Ils partent ensemble, ils restent ensemble, ils se marient dans l’incrédulité et la réprobation générale. Mais ce n’est pas un mariage d’intérêt, ou d’illusion comme dans ‘Lola’. C’est autre chose, qui relève de la communauté, de la solidarité, du partage, de la fraternité. Une sorte de résistance aux pressions des autres aussi, de micro-république formée sur le formica de la cuisine ou du bar. Une alliance contre la dureté de la conformité, une ironie bravache et timide contre leur conformité, leur appartenance. Bien sûr, ça les tue, ces regards, ces remarques de-ci de-là, chez l’épicier, dans la cage d’escalier, ces préjugés, ces méchancetés. Jalousie, répond-elle. Lui, Ali, ne répond rien, Nix, raide dans son costume. Disons qu’eux forment un pacte de non-agression dans un univers hostile. Ce que Fassbinder vient chercher, comme Pasolini avant lui, dans les franges, les marges, les laissés pour compte, les oubliés… ce n’est pas quelque chose d’aussi grandiloquent que l’humanité, la condition humaine. C’est une joie primitive, brutale, inattendue, sauvage. C’est la joie de ‘Baal’ en somme, le poète barbare de Brecht joué par Fassbinder dans le film de Schlöndorf.

« Was ist Welt für Baal noch? Baal ist satt/ Soviel Himmel hat Baal unterm Lid / Daß er tot noch grad gnug Himmel hat »

« Qu’est le monde pour Baal, encore? Il a son compte.

Et Baal a tellement de ciel sous la paupière

Que, mort, il a du ciel encore et juste assez. »

Il a du ciel, encore, dans le bar et l’appartement minables, qui sont aussi grandioses, magiques, fous, espoir. Et on essaie d’en avoir aussi, on s’accroche, on essaie d’être moins cuistres et moins cons que ceux qu’ils croisent nuit et jour, Ali, Emmi, Barbara. On n’en est pas très sûrs.

Lola

Les lumières sont fausses, outrancières, fabriquées. Et alors? C’est ça la fiction, Fassbinder, c’est ça, il fait ce qu’il veut. Dans la voiture, Lola est rose et von Bohm est bleu, et même, il a cette petite lueur bleue sur le regard, comme dans un clip des années 80. On est dans la distanciation de Brecht, le ‘Verfremdungseffekt’, alors on voit tout, on sait tout depuis le départ, on ne peut pas se pelotonner dans une fiction qui nous emporte, dans une musique qui nous emmène, il faut choisir son camp, il faut avaler la pilule amère de la réalité et de nos lâchetés. Le prussien inflexible qui a tendance à se prendre au sérieux, le capitaliste obscène, le pacifiste un peu ridicule, la bourgeoise odieuse, et Lola au milieu de tout ça qui se rêve bourgeoise, ou respectable plutôt, et triomphe tous les soirs comme chanteuse et comme pute. Il n’y a pas vraiment de bien et de mal, pas au niveau des personnages en tous cas, plutôt dans une forme de morale qui flotte au détour d’une phrase. Vous saluerez Bakounine pour moi, dit von Bohm avec un rictus amusé à Esslin, l’humaniste… On discerne tout d’entrée, les mécanismes, les dualités, les forces en présence : le bureau de l’urbanisme de von Bohm, vert d’eau, versus le bordel de Schukert, rouge sang. Les pacifistes pitoyables qui manifestent sur la place du village, versus les notables qui boivent en rageant à l’intérieur de la taverne. Lola (déguisée en Marie-Louise) qui chante avec Von Bohm à l’église, et puis les mêmes au bordel qui jouent à s’humilier. C’est du Flaubert, les pressions impitoyables de la ville de province, le regard des autres sur tout, l’impossibilité d’être soi-même, l’impossibilité d’être entier. C’est du Brecht bien sûr, et tout le monde navigue entre les catégories de l’exploiteur (Schukert), de l’exploité (Lola) ou du contremaître (von Bohm), comme dans « L’exception et la règle ».

Pourquoi les poèmes sont-ils si tristes, demande Lola à Esslin, le type correct, l’idéaliste, fonctionnaire le jour, batteur la nuit dans l’orchestre du bordel. Parce qu’ils viennent de l’âme, qui est triste, répond-il. Und warum is das so? demande encore la belle. Parce que l’âme en sait plus que la raison. Tiens, s’étonne-t-elle, virevoltant dans la loge rouge en guépière, sûre de sa force, c’est drôle, chez moi c’est l’inverse : la raison en sait plus que l’âme.

C’est peut-être ça que Fassbinder dénonce, ou tout au moins montre dans sa trilogie (Le mariage de Maria Braun avant celui-ci, Le secret de Veronika Voss après) : l’avènement de cette ‘raison’ après la guerre, qui fabrique ces téléviseurs et ces décapotables, ces opérations immobilière et cet oubli, aussi, du passé, des idées. Cette impossibilité de l’innocence, cette condamnation à l’intérêt. Gunther Grass l’a dénoncée aussi, dans ‘Mon siècle’ notamment mais avec moins de virulence, je trouve. Fassbinder, ce sont les monstres, pas que l’ironie et le ridicule, et là il en montre un, genre Otto Dix. Lola, c’est l’Ange bleu, aussi. Ce cabaret est infernal parce qu’on ne peut pas y échapper, parce qu’on ne peut pas faire comme s’il n’existait pas. Car enfin, tout le monde va au bordel, s’étonnent le maire et l’affairiste, tout le monde en est plus ou moins le ressortissant. Le bordel est ce qu’on veut, la société, la sociale-démocratie, le progrès, le capitalisme. La condition humaine. La corruption qu’elle suppose. Avec quelle ironie mordante les filles du bordel moquent-elles le mot de ‘Rein’, ‘pur’, au moment du mariage de l’une d’elles.

La morale, dit Nietzsche dans Aurore, n’est jamais que l’expression des us et coutumes du plus grand nombre. C’est particulièrement criant dans la petite ville de province, qui critique les immigrés venus de l’Est, de Dantzig. On ne sait pas pourquoi von Bohm, à la fin, renonce à lutter et accepte un mariage en carton avec Lola. Par ce qui reste d’amour? Par renoncement? Par intérêt? Peut-être, simplement, pour ne pas disparaître, pour continuer à exister, pour remplir son costume, pour se promener avec quelqu’un à son bras, pour jouer du violon les soirs d’automne.

Le côté faustien (qu’on voit bien dans Veronika Voss, aussi, avec l’actrice qui cède tous ses biens pour obtenir de la morphine), c’est qu’il faut tout donner à cette société pour qu’elle vous considère. Et il faut qu’elle vous considère, qu’elle vous aime en sorte pour que vous existiez. Là, la frustation de Lola, qui vient de rien, et celle de von Bohm, qui vient d’un monde qui n’existe plus, se rencontrent. Par intérêt? Oui. Est-ce que tu es heureux? demande à la fin du film, après le mariage, la petite fille de Lola à von Bohm. Oui, parvient-il à articuler, je suis heureux…

First blood

Méfie-toi de l’influence, pensais-je dans le fracas de l’ATR

Méfie-toi de l’innocence que tu prétends répandre

— toujours très à l’aise dans les premiers pas vers la rivière, dans la ruelle sombre de nos prémonitions

— véritablement, il faudrait être suspendu comme ça, comme le héron une patte en l’air, il faudrait habiter aristocratiquement ce moment-là de la promesse, de l’envolée, cette accélération fantastique qui repose dans l’instant

— mais

— après

— il y a toujours ce moment de gêne quand à demi-engagé dans l’eau…

— oh ce FEU des regards

— mais moi je ne sais pas raconter d’histoire jusqu’au bout, je sais juste mimer la descente vers la rivière, cette excitation dans les ruelles futures et sombres cette quête ce basculement

— comme ça une patte en l’air comme un héron empaillé

Fantasme story (dessinée)

Une bande dessinée. Une histoire ‘brumeuse et précise’, genre Alphaville de Godard. Quand Anna Karina lit Eluard. Capitale de la douleur. Une ville, en noir et blanc. Une histoire dans les années soixante-dix de l’enfance. Une histoire avec les aventurières de la musique électronique que sont Daphné Oram, Wendy Carlos, Laurie Spiegel, Suzanne Ciani, Pauline Oliveros, Eliane Radigue. Surtout Eliane Radigue. Une histoire avec les machines. La technique. ‘L’essence ambiguë de la technique, la constellation, le mouvement stellaire du secret’. Le mouvement stellaire du secret dans ‘Tryptich’ et ‘L’île résonnante’ de Radigue. Une longue aventure grise et noire dans la solitude de la nuit. Le studio à Manhattan. Les longues heures de la nuit dans la cage de Faraday. Claviers. Cadrans. Boutons. Câbles. Consoles. Des diodes qui luisent calmement dans la nuit. Comme une promesse. Comme une aube. La solitude comme un royaume, comme un voyage immobile, aux commandes. Une musique qui ressemble au silence, ou au vaste mouvement de la mer, ou au vent, ou aux battements du coeur. Une musique qui serait la structure même du monde. Une musique qui aurait toujours été là, comme cachée. Voilà, on chercherait ça, avec passion dans la nuit, dans les laboratoires Bell ou Moog ou Buchla ou ARP. On chercherait dans l’hermétisme des machines qu’on programme autant qu’elles nous programment. On chercherait notre humanité dans l’inhumanité. Car c’est nous-mêmes que nous recherchons ainsi n’est-ce pas?