Schiller, lettre à Goethe n°406, Iéna, le 19 janvier 1798.

(…)

Sous le rapport de la qualité, le rationalisme oppose, comme il convient, les phénomènes entre eux; il discerne et il compare, opération qui, elle aussi, — comme d’ailleurs le rationalisme envisagé dans son ensemble, — est louable et bonne, et qui est l’unique voie qui conduise à la science. Mais ici encore intervient le despotisme des facultés actives de l’esprit dont nous parlions tout à l’heure; il s’exerce immédiatement ici par l’étroitesse unilatérale du point de vue, par la brutalité des distinctions, tout comme tout à l’heure il se trahissait par l’arbitraire des liaisons. Il s’expose au péril de séparer rigoureusement ce qui est associé de nature, de même que tout à l’heure il liait ce qui est disjoint de nature. Il divise, là où il n’existe pas de divisions réelles, et ainsi de suite.

(…)

[…]

Der Qualität nach setzt der Rationalism, wie billig ist, die Phänomene einander entgegen; er unterscheidet und vergleicht: welches gleichfalls (so wie der Rationalism überhaupt) löblich und gut und der einzige Weg zur Wissenschaft ist. Aber jener Despotism der Denkkräfte zeigt sich auch hier sogleich durch Einseitigkeit, durch Härte der Unterscheidung, so wie oben durch Willkür der Verbindung. Er kommt in Gefahr, dasjenige strenge zu sondern, was in der Natur verbunden ist, wie er oben verband, was die Natur scheidet. Er macht Eintheilungen, wo keine sind u. s. w.

[…]

Rue du Chemin Vert

huit heures

les lampadaires s’éteignent

les livreurs se dépêchent

les enfants courent vers l’école

la tour Monparnasse clignote

je vois les gars sortir du camion

il y a encore cette joie du chantier

et cette langue précautionneuse, posée au milieu, parmi les outils, les plans

camaraderie, commencement

aube grise bleue

aube

je n’ai pas besoin de tout

j’aimerais être

un oeil qui écrit qui

vole.

Sans titre

nous marchions le long du canal

nous marchions le long du canal

tout droit mais nous nous n’étions pas droits

nous étions ce que nous étions

nous nous accrochions

d’un instant l’autre

comme des animaux de hâlage

nous tirions

le temps gris

les eaux en miroir

les hangars tristes

la tristesse est comme une centrale nucléaire

qui fait tourner le monde

(une femme jeune, belle, qui court à la pleine puissance de ses poumons)

qui le fait aller droit

comme on jette les ponts

-au hasard.

‘Escalador’

une diode rouge clignote sur le tableau de commande de ton cerveau

c’est comme si ta vie se passait en même temps qu’autre chose

-quelle autre chose?

besoin d’une ritournelle

dans l’escalador du RER

sur fond de celadons rapiécés un homme transporte un sapin de noël sous plastique

sa main tremble son regard s’enfonce

tout n’est qu’efforts devoirs absurdes

besoin d’une ritournelle

écris un texte tu me dis

mais écrire ça ne sert à rien ça n’achète pas

les pourquoi – « nous ne sommes pas pressés/ un Pourquoi mort se dresse à la poupe »

dit Celan

besoin d’une

ritournelle.