Cette foule d’impressions et de réminiscences lui infligeait un supplice qui ne se distinguait pas de l’extrême volupté. Son coeur battait plus vite, des larmes lui montaient aux yeux. Il se rendit compte qu’il était au bord de la folie, tout en sachant fort bien qu’il ne deviendrait pas fou. Son regard plongeait dans cette nouvelle contrée de l’âme, la folie, avec le même ravissement et le même étonnement qu’il éprouvait à scruter son passé ou à contempler le lac et le ciel. Là aussi, tout était enchanteur et plein d’harmonie. Il comprit pourquoi la folie était un phénomène sacré pour certaines religions évoluées. Il comprenait tout, il avait accès à toute chose, il communiquait avec le monde. Il n’existe pas de mots pour dire cela ; c’est aberrant de vouloir exprimer par des phrases ce que l’on pense et comprend. Il suffit de demeurer ouvert, en état d’accueil; liées entre elles, les choses forment alors cette longue procession que l’on fait entrer en soi comme dans une arche de Noé. Le monde est à nous, il devient intelligible, il ne fait qu’un avec nous.
—
Der Andrang wurde zur Qual, zu einer Qual, die von höchster Wollust nicht zu unterscheiden war. Sein Herz schlug rasch, Tränen standen ihm in den Augen. Er begriff, daß er nahe am Wahnsinn stehe, und wußte doch, daß er nicht wahnsinnig werden würde, und blickte zugleich in dies neue Seelenland des Irrsinns mit demselben Erstaunen und Entzücken wie in die Vergangenheit, wie in den See, wie in den Himmel: auch hier war alles zauberhaft, wohllaut und voll Bedeutung. Er begriff, warum im Glauben edler Völker der Wahnsinn für heilig galt. Er begriff alles, alles sprach zu ihm, alles war ihm erschlossen. Es gab keine Worte dafür, es war falsch und hoffnungslos, irgend etwas in Worten ausdenken und verstehen zu wollen! Man mußte nur offenstehen, nur bereit sein: dann konnte jedes Ding, dann konnte in unendlichem Zug wie in eine Arche Noahs die ganze Welt in einen hineingehen, und man besaß sie, verstand sie und war eins mit ihr.
–