« Sur tout ce que l’homme entreprend, il faut qu’il dirige son attention une, intégrale, ou son «moi»(…). S’il y parvient, bientôt naissent des pensées, ou plutôt une nouvelle espèce de perceptions qui, semble-til, ne sont rien d’autre en lui – curieux phénomène ! – que les délicates vibrations d’une pointe aiguë qui suscite des couleurs ou des résonances, ou les concentrations et figurations surprenantes nées au sein d’un fluide élastique. Elles rayonnent de tous côtés avec une vivante mobilité autour du point où il a décelé et fixé la sensation, et emportent avec elles son «moi». Souvent aussi il lui est loisible d’interrompre tout de suite ce jeu en fractionnant de nouveau son attention ou en la laissant vagabonder à son gré, car elles ne sont rien d’autre, semble-t-il, que des rayonnements et des effets suscités au sein de ce milieu élastique (et dans toutes les directions) par ce «moi», ou bien les réfractions de ce moi dans ce milieu, ou enfin un jeu bizarre des vagues de cette mer contre l’attention rigide. Chose infiniment digne de remarque : c’est dans ce jeu que l’homme découvre enfin sa personnalité, sa liberté spécitique et qu’il éprouve la sensation de sortir d’un protond sommeil. Il lui semble que c’est la première tois qu’il est chez lui dans le monde, la première fois que la lumière du jour vient baigner son univers intérieur. Le point le plus haut lui paraît atteint lorsqu’il parvient, sans nuire à ce jeu, à percevoir en même temps l’activité habituelle des sens, à penser et sentir tout ensemble. Les deux ordres de perception s’intensifient par ce moyen: le monde extérieur devient transparent, le monde intérieur se diversifie et se charge de sens, et l’homme de ce fait se trouve dans un état d’intense vie intérieure, entre deux mondes, au cœur de la plus entière liberté et plein du joyeux sentiment de sa puissance. Il est tout naturel qu’il cherche à éterniser un tel état et à l’étendre à la totalité de ses sensations ; qu’il ne se lasse pas de rechercher cette union de deux mondes ni de sonder leurs lois, leurs sympathies et leurs antipathies. La somme de ce qui nous touche, on l’appelle la Nature, et la Nature est donc en relation immédiate avec ces parties intégrantes de notre corps que nous appelons les sens. Des liaisons inconnues et mystérieuses en notre corps nous permettent de conjecturer des liaisons inconnues et mystérieuses dans la Nature. Il suit que la Nature est cette communauté surprenante où nous introduit notre corps et que nous apprenons à connaître dans la mesure où ce corps développe son organisation et ses facultés. »
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Novalis – Die Lehrlinge zu Sais, 3
»Auf alles, was der Mensch vornimmt, muss er seine ungeteilte Aufmerksamkeit oder sein Ich richten« (…) »und wenn er dieses getan hat, so entstehen bald Gedanken, oder eine neue Art von Wahrnehmungen, die nichts als zarte Bewegungen eines färbenden oder klappernden Stifts, oder wunderliche Zusammenziehungen und Figurationen einer elastischen Flüssigkeit zu sein scheinen, auf eine wunderbare Weise in ihm. Sie verbreiten sich von dem Punkte, wo er den Eindruck fest stach, nach allen Seiten mit lebendiger Beweglichkeit, und nehmen sein Ich mit fort. Er kann dieses Spiel oft gleich wieder vernichten, indem er seine Aufmerksamkeit wieder teilt oder nach Willkür herum schweifen lässt, denn sie scheinen nichts als Strahlen und Wirkungen, die jenes Ich nach allen Seiten zu in jenem elastischen Medium erregt, oder seine Brechungen in demselben, oder überhaupt ein seltsames Spiel der Wellen dieses Meers mit der starren Aufmerksamkeit zu sein. Höchst merkwürdig ist es, dass der Mensch erst in diesem Spiele seine Eigentümlichkeit, seine spezifische Freiheit recht gewahr wird, und dass es ihm vorkommt, als erwache er aus einem tiefen Schlafe, als sei er nun erst in der Welt zu Hause, und verbreite jetzt erst das Licht des Tages sich über seine innere Welt. Er glaubt es am höchsten gebracht zu haben, wenn er, ohne jenes Spiel zu stören, zugleich die gewöhnlichen Geschäfte der Sinne vornehmen, und empfinden und denken zugleich kann. Dadurch gewinnen beide Wahrnehmungen: die Außenwelt wird durchsichtig, und die Innenwelt mannigfaltig und bedeutungsvoll, und so befindet sich der Mensch in einem innig lebendigen Zustande zwischen zwei Welten in der vollkommensten Freiheit und dem freudigsten Machtgefühl. Es ist natürlich, dass der Mensch diesen Zustand zu verewigen und ihn über die ganze Summe seiner Eindrücke zu verbreiten sucht; dass er nicht müde wird, diese Assoziationen beider Welten zu verfolgen, und ihren Gesetzen und ihren Sympathien und Antipathien nachzuspüren. Den Inbegriff dessen, was uns rührt, nennt man die Natur, und also steht die Natur in einer unmittelbaren Beziehung auf die Gliedmaßen unsers Körpers, die wir Sinne nennen. Unbekannte und geheimnisvolle Beziehungen unsers Körpers lassen unbekannte und geheimnisvolle Verhältnisse der Natur vermuten, und so ist die Natur jene wunderbare Gemeinschaft, in die unser Körper uns einführt, und die wir nach dem Maße seiner Einrichtungen und Fähigkeiten kennenlernen.«

