Remarque attribuée à Mozart, trouvée dans Gracq – en parlant d’un de ses concertos : “C’est brillant mais ça manque de pauvreté.”
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Dans le parc de Belleville, en attendant que le magasin de Beaux-Arts ouvre. Pâle soleil, matin froid, printemps ensommeillé. Les logements des années quatre-vingt. Une certaine architecture, une certaine vision de la société aussi. Un optimisme qui nous manque. Une bonne volonté qui nous manque. Une croyance, qui nous manque. En échange, ici, ou en compensation, la paix séraphique, légèrement énigmatique, légèrement vide du XXème arrondissement un samedi matin. La vénusté de l’architecture, sa façon de se tenir dans le temps et dans l’espace, d’être un discours par son être, et d’indiquer une direction, aussi. Ici fut, est, sera. La grâce, pourrait-on dire, mais une grâce modeste, tenace comme une mauvaise herbe où un rongeur. Pauvre, précisément. Pas résister, ni traverser. Être de façon radiante, irradier. Expliquer le monde, par une fenêtre, un linteau, un enduit pelé sous la lumière pâle.