le consul

C’est ça que j’ai tout de suite aimé chez lui, la première fois que je l’ai vu : sa révolte. Ce vif mouvement du corps et de l’esprit, ce « Comment? Mais ce n’est pas possible! » qui toujours émane de lui. Cette courtoisie qu’il produit – malapprise, jugeront certains – est celle d’un consul qui toujours doit représenter un pays en colère ou incompris. Faites les gestes et vous croirez, disait Pascal. Lui, il fait les gestes et constate, depuis toujours, que personne ne le croit. « Je suis fatigué me dit-il, assis dans le stade écrasé de soleil, ma vie est fatigante. »

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dos passos

Quelque chose de terrible et d’assommant doit s’accomplir, comme le marteau-pilon de John Dos Passos dans Manhattan Transfer. Il y a, dans la mer de bitume en fusion, dans le ballet ralenti et las des flics et des touristes, dans la souffrance des automobiles, dans la plainte criarde des banderoles, des barrières, et des dispositifs : une nécessité, une urgence, une cérémonie, un rite. Nous ne savons pas ce que nous faisons, pourquoi le saurions-nous? Ce n’est pas à nous de le savoir. Nous, nous titubons entre les grilles, une glace à la main.