Ode au Vilain

On avait tout dit, tout pensé, on avait refermé résolument l’épais grimoire pour passer à autre chose. Passe-t-on jamais vraiment à autre chose? On avait dit que c’était atavique, on avait dit que c’était ordalique. On avait dit que c’était du théâtre, de vieilles ruses. Des images qui passent au loin, comme une caravane dans le désert. Et puis, on s’y est remis, fatalement. La rechute. L’addiction honteuse. La claudication sinistre de ce vieux Mephistophélès qui vient vous relancer jusqu’au fond de votre lit avec son contrat. Le contrat. Les petites clauses oubliées qui reviennent vous gratter derrière l’oreille. Les petits détails qui vous réveillent en pleine nuit. Mais à quoi donc sommes-nous enchaînés? Au Mal, dit Nietzsche. A la pulsion de mort, dit Freud. Au théâtre, dit Shakespeare. Peut-être que tout cela, c’est la même chose. Et qui a dit que ça nous déplaisait tellement, d’être enchaînés?

Il est là, devant nous, mollement allongé comme l’Olympia de Manet sur la fameuse banquette verte, sanglé dans son improbable costume de méchant de James Bond. Rees-Mogg. Le méchant ultime, le vilain ultime. Il dort, parce qu’il s’ennuie. Il dort avec un petit sourire méprisant. Il dort, mollement abandonné, quoique raide, parfaitement tenu. Il s’en fout. Dort-il vraiment? En face, ceux du Lib-Dem, du Labour s’étranglent d’indignation, ils en mangeraient leurs micros qui pendent lugubrement au plafond de la Chambre des Communes. Comment peut-il dormir devant eux pendant une heure, pendant qu’on débat de loi, du Brexit, du No Deal, du futur, du bien et du mal? C’est là le génie de Rees-Mogg, son côté machine infernale. Il n’est plus backbencher ni frontbencher, il n’est plus ni opposition ni parti au pouvoir. Il est lui, le vilain, le méchant, le scélérat. Il est le Richard III du monologue de Shakespeare. ‘And therefore, since I cannot prove a lover / To entertain these fair well-spoken days, / I am determinèd to prove a villain / And hate the idle pleasures of these days’. Ah! Par haine des vains plaisirs de ces jours! Quelle pureté dans la haine! On se prend à imaginer, avec effroi, quelles avanies, quels affreux corsetages de l’âme et du corps le petit Jacob Rees-Mogg a dû traverser pour survivre, pour en arriver là. Rees-Mogg enfant, jouant au cricket avec les autres? Allons donc! Mais maintenant, la scène est installée, et le méchant est là, sous la lumière, il dort innocemment comme le Dormeur du Val. Tout dans son attitude hurle : détestez-moi! Et oui, comme ils le détestent, comme ils s’indignent, comme ils tentent de se hausser en vertu à hauteur de sa vilenie métaphysique, absolue. Et ça marche! Merveilleuse Angleterre, merveilleux Brexit qui éternellement relance sa machine, entretient sa flamme, son moteur tournant entre Bien et Mal, entre héroïsme et vilenie, entre arrogance (vraie et fausse) et humilité (vraie et fausse). Certes, c’est du théâtre, mais ce théâtre c’est nous, c’est notre chair. ‘Le monde entier est une scène, et nous sommes les acteurs.’ Parce qu’il n’y a rien d’autre, savez-vous? Rees-Mogg est un homme d’état, pas dans le sens, héroïque et égotique, où Boris Johnsson voudrait l’être, ni dans le sens robotique et de devoir où Theresa May voulait l’être. Non. Rees-Mogg n’incarne pas seulement une Angleterre victorienne, Etonienne, révolue, conservatrice comme l’est le formol, raide, élitiste, bornée, arrogante, etc. Rees-Mogg incarne le méchant, tout simplement. Car il faut bien des méchants, comme le constatent si sérieusement les enfants qui jouent à la guerre. Il faut bien des méchants pour que nous apparaissions bons, pour que James Bond gagne à la fin. Il faut bien des dragons rilkiens pour que nous appaissions enfin, enfin, ‘beaux et courageux’. Il faut bien des abîmes, pour triompher, pour savoir qui on est et pour le faire savoir. Il faut bien le mal pour que le bien sorte du bois (Nietzsche). Rees-Mogg, c’est ça, et plus largement, le Brexit c’est ça aussi, une catharsis, une épisiotomie monstrueuse, une croisière téméraire au-delà des bouées du bien et du mal, une réinvention mythique avec une mauvaise foi étonnante, avec des tonnes de courage et de ruse. Quel casting. Quels acteurs. Quelle pièce. Quels auteurs. Impossible de lâcher

Futurition

Oh le jeu cruel! Dans la nef de la chambre des Communes, il y a des lignes blanches et rouges, sur le tapis, que l’on ne peut pas franchir, ou alors, seulement à un certain moment et d’une certaine manière, avec une génuflexion, un signe de la tête ou un claquement de talons. Et il existe d’autres lignes invisibles, interdites, qui rôdent en alarmes sournoises, minées, entre les fils de micros noirs qui pendent comme de sinistres ombilics. Impavide, le Speaker Bercow distribue les bons et les mauvais points aux MPs, un coup à droite, deux coups à gauche, qui se lèvent et se rassoient mécaniquement comme les pistons d’un orgue infernal. Jeu cruel, politesse cruelle qui blesse l’être jusqu’au sang : au moindre signe, il faut céder la parole à l’autre, l’adversaire, ou pire encore, à l’ami supposé d’à côté, ou au pseudo-ami de derrière. Clair obscur. Jeu d’alliances mouvantes, de lignes qui cisaillent les nerfs. Les genoux sifflent. Et l’on dit, entrecoupés des interminables formules de politesse, les mêmes mots qu’on a déjà dit, et l’on ne dit pas les mots que l’on voudrait dire, que l’on voudrait hurler. Le temps semble s’être arrêté, alors qu’on a perdu depuis longtemps toute notion de but à atteindre, de cohérence ou de stratégie.

Eh bien, non, le Vaisseau avance, il fonce même en craquant de toutes ses vieilles boiseries, avec ses fuites d’eau et ses escouades de pompiers qui attendent. Vers quoi? Vers la falaise, vers le précipice, vers l’abîme. Vers l’échéance, ou l’échouage, du 12 avril ou du 22 mai. Vers l’échec, vers l’humiliation ultime qui consisterait à organiser des élections européennes, ou un contre-référendum. Vers, toute honte bue comme un calice, la révocation de l’article 50 comme un simple cauchemar, un canular d’état, une crise de démence sénile du royaume, une absence coupable. Ou encore, vers le néant qui consisterait à ne rien faire, un ‘soft Brexit’, une union douanière complaisante qui ne serait qu’une resucée de la situation actuelle. On ne sait plus. On ne sait plus quoi écrire après le mot humiliation, alors que depuis le début on se jurait bien de n’agir que par orgueil.

Voire… Toujours on sent cette œil de la tragédienne, certes angoissé à mort, mais néanmoins roublard, caché derrière le décorum et la farce comme derrière un rideau de scène. Innocent, crédule, l’observateur s’arrache les cheveux avec ses pourquoi, pourquoi? Mais, petit, une ruse millénaire te précède ici. Pourquoi, demandait Castoriadis, les Egyptiens consacraient toutes leurs ressources à la construction de pyramides? Ou les Parisiens du Moyen-Age à celle de Notre-Dame? Parce que cela donnait un sens à leur vie, répond-il. Un haut et un bas, un but à atteindre, des craintes et un espoir. La cathédrale ou la pyramide, le pharaon ou la religion chrétienne sont de pures création de ce que Castoriadis appelait l’imaginaire instituant. D’elles découlent, par la suite, tout un système de valeurs, toute une signification sociale, toute une civilisation qui est comme un canal dans lequel se glisse l’humanité sous forme de société. Alors pourquoi un ancien empire, un pays qui a la cinquième économie du monde et une influence bien plus grande encore, pourquoi un tel pays consacrerait pendant trois ans, tout son temps, toutes ses ressources et semble-t-il toute sa raison à une entreprise aussi insensée que le Brexit? Eh bien, pour se réinventer. Pour se faire sa pyramide ou sa cathédrale, fussent-elles cimentées de peurs, d’angoisse identitaire, de nostalgie ou de mauvaise foi. Il y a peut-être une noire énergie nietzchéenne là-dedans, un mal nécessaire, une antique erreur nécessaire pour que l’énergie séminale, primitive des pulsions se libère enfin dans ce pays corseté. Peut-être assistons-nous, cramponnés au cuir vert des banquettes, aux convulsions effrayantes d’une naissance.

Vers quoi alors, file la barque de Bercow? Vers le surgissement de l’altérité radicale, pour parler comme Castoriadis. Vers le surgissement de l’imaginaire en prise directe avec le génie et la psyché d’un grand peuple. Ou vers la futurition, pour parler comme Jankélévitch dans ‘L’irréversible et la nostalgie’, qui se réjouissait que même les pires conservateurs participent à la création de l’avenir ‘de mauvaise grâce… en menant un combat d’arrière garde toujours malheureux et toujours désespéré.’ L’ironie est ici que c’est précisément les conservateurs Tories, en créateurs insoupçonnés, qui ont déclenché tout le processus avec le funeste référendum. A ce stade, forts de cette hypothèse, nous ne pouvons que suivre que la marche intrépide et crispante du Vaisseau… N’attendons-nous pas tous que quelque chose surgisse? Theresa May attend, et si toute sa résilience absurde n’espérait que cette étincelle de la dernière minute? Les 27 attendent, pour l’instant vainqueurs mais pas rassurés, pas convaincus. Combien de Trafalgar n’ont pas encore eu lieu? Et dans les bunkers fantasmatiques du No Deal, à Whitehall, de jeunes civil servants enthousiastes attendent de nouvelles batailles d’Angleterre…

Soleil noir

 La chimère, ou la licorne’ c’est que l’empire va retrouver sa grandeur, lier des accords de commerce fabuleux avec la Chine et toutes les économies du monde. L’empire…le règne sur les mers loin des lourdeurs du continent. Le royaume fait penser à l’héroïne de Sunset Boulevard de Billy Wilder, la grande actrice sur le retour à qui personne n’ose pas dire que tout est fini, que les spotlights sont définitivement éteints. Le Brexit, dernier grand lifting d’une tragédienne ? Ou renaissance ? Est-ce que les civilisations, mortelles comme nous, peuvent remonter la pente ? Est-ce seulement déjà arrivé? Est-ce que Rome pourrait triompher des barbares ? La Grèce de Rome ? Le Royaume-Uni des Etats-Unis ? L’Occident de l’Orient ? Cela ne semble pas être le vent de l’histoire. Heureusement, il nous reste le mythe qui lui, se repaît de la décrépitude et de la mort, qui trouve tellement plus esthétique l’ancienne grandeur que la nouvelle. En diplomatie, on appelle cette influence d’astre mort le soft power. En réalité, ce sont plutôt les élucubrations séniles danciennes gloires que l’on écoute poliment, patiemment. Le Brexit est un requiem, et il est sublime. Avec pompe, avec décorum – we must behave with decorum, comme le rappelle le speaker Bercow – nous ordonnançons notre testament. Par la révolution de nos soleils morts, nous agissons sur la marche du monde futur. Nous sommes morts et notre toute-puissance n’est peut-être pas si imaginaire que cela, puisque nous sommes le mythe. Le mythe de l’empire retrouvé est magnifique parce qu’il est impossible. Comme l’Egypte, comme la Grèce antique. Et c’est parce qu’il est impossible, c’est au nom de l’impossible qu’on y brûle chaque jour des tombereaux de raison. Le Brexit est une cérémonie sacrée, un sacrifice de la raison devant le mythe.

Les mots sont impuissants et usés : ils ont tous été utilisés en vain pour dire ce qui se passe. Les ‘raisons’ aussi bien sûr, refusées les unes après les autres au rythme des indicative votes qui s’épuisent en solutions. Huit solutions proposées, huit refus. Puis quatre autres. Quatre refus encore. La chambre des Communes ressemble aux cercles de l’enfer. On rejoue sans cesse la même pièce en huis clos. On compte et recompte fébrilement les ralliements et les trahisons. A les écouter, à les voir – ça reste fascinant, quoique franchement pénible – on a l’impression que le Royaume devrait rester comme cela, en orbite déjantée, intouchable, infrangible dans son bunker de mots circulaires et de haines recuites, dans ces forces formidables et contraires qui s’annulent, dans son immarcescible gloire suspendue, comme vitrifiée. Mais qu’est-ce qui se joue là de si important, de si essentiel, de si vital ? Quelle combat atavique et éternel, qui implique qu’on y sacrifie tout, le common sense et accessoirement toutes les affaires du pays ? Une impossibilité existentielle, comme si tout le monde voulait se tenir au plus près de sa plus haute idée, chacun devenant une cime impossible, une caricature de soi-même, une chose incommunicable, sacrée et ridicule à défendre plus que tout. Rees-Mogg, Corbyn, Soubry, Johnson, May : curieux jeu d’échec ou chacun est une tour d’ivoire, un cavalier aveugle, un cheval fou. Il n’y a plus d’intérêts, de stratégies ni mêmes d’idées : il n’y a plus que six cent cinquante ‘nons’ cabrés, ‘nons’ paniques. Chaque soir, Bercow l’annonce avec une gravité espiègle : ‘The noes have it ! The noes have it !

 Alors ? L’observateur trépigne devant son téléphone, dérisoire fenêtre qui donne sur le bateau ivre de la Chambre. Il n’ose invoquer Shakespeare, les trois filles du roi Lear pour qui aucun hommage au père n’est trop beau, cachant les drames, les haines et les pulsions, les hypocrisies. L’impossible héritage qui rend fou. Il note la cérémonie, la pompe, la lenteur. Il voit le sceptre de la Reine et les livres couchés sur la table. Il voit les deux coffres qui se font face et le cuir vert des banquettes qui se font face, comme le métro vers l’enfer, a dit un ‘MP’ inspiré et amer. Que veut dire ‘atavique’ ? Y-a-t-il une ruse des civilisations, des cultures comme il y aurait une ‘ruse de l’espèce’ pour ne pas mourir ? Sommes-nous en présence d’une stratégie évolutionniste qui serait à l’œuvre ? Disparaître, mourir, se sublimer pour ne devenir qu’une chanson de geste civilisationnelle, une épopée, un mythe comme l’Iliade ? Qu’on apporte les Troyens… ‘S’il y est des abîmes, ce sont nos abîmes, écrit Rilke. Fort bien, nous aurons donc les meilleures abîmes du monde, nous serons la crise la plus mystérieuse, la plus noire, nous constituerons, en tournant frénétiquement sur nous-mêmes, notre propre trou noir et le monde tournera aussi, fasciné, autour de nous. La mort nous donnera cette aura. Le soleil noir du Brexit nous donnera ce lustre. Nous serons la culture, nous serons la politique (même dégueulasse), et nous serons l’histoire. 

 

On voit bien, quand même, qu’on va vers un énième accord ‘spécial’, un énième ‘deal’ ou rabais, où la formidable spécificité, insularité, britishness, etc. sera respectée par des diplomates européens fatigués et nauséeux, pour sauver les apparences.  Brexiters et Remainers pourront parader. Mais ce n’est finalement pas la question. La question, que vérifie la tragédienne rouée derrière ses voiles, d’un coup d’œil, c’est : est-ce que je fascine encore le monde ? Ai-je encore cette force d’attraction, dans ce nouvel avatar fatal, funèbre, et sombre ? Agent secret de sa propre influence, mimant sa propre mort, le Royaume s’exporte à travers les limbes, devient gazeux, immatériel. Il reconquiert le monde par une sorte d’antémonde, il met en scène son hystérie, il trépigne. Nous ne pouvons plus lâcher cette série. What’s next ? What’s next ?

Brexit 1 : Angstpferd*

Brexit, cheval fou. Cheval d’angoisse et de fantasmes, fantasque grand véhicule emporté bave aux lèvres vers… vers quoi déjà? Une impérieuse nécessité se joue ici, c’est très sérieux, mais on ne peut pas la dire. Enfin, si on peut la dire, mais avec les mots et l’excuse de la rationalité : et on sait qu’ils ne l’épuisent absolument pas. Pas même, il ne l’effleurent. Pourquoi? C’est un peu comme demander aux Achéens pourquoi il faut aller combattre les Troyens. Ou aux gens de Chartres pourquoi il faut reconstruire une cathédrale. Parce que. Pour que les temps s’accomplissent. On ne sait pas, mais ce n’est pas de savoir le problème. Pourquoi faisons-nous ce que nous faisons? Impératif catégorique? Universel veut qu’Albion soit île, forteresse, royaume, centre et étalon de toute chose. Mais finalement, nous autres français voulons la même chose, fantasmons tout pareil. Pour parler comme Malraux, c’est une cérémonie sacrée qui ne connaît pas ce qu’elle sacre. Une cérémonie d’impossibilité. Il faut que l’accord soit impossible, il faut que le traité n’aille jamais, il faut que les ministres puissent démissionner avec fracas, il faut des Rees-Mogg arrogants et des Boris Jonhsson candidement perfides, il faut Theresa May en victime expiatoire ou en grande prêtresse du bal de l’impossible. Pourquoi, ah! pourquoi, pourquoi demandez-vous encore? Parce que. Parce qu’il faut la névrose, le maëlstrom convulsif, centripète, destructeur et créateur, Eros et Thanatos s’aggripant entre plaisir et mort. Shakespeare, que j’aimerais tellement lire maintenant, et tous les elfes et les lutins, et les ‘gentle spirits of the air’, doivent bien rentrer quelque part. Il faut exister, voilà. Il faut s’arracher au néant en flirtant démesurément avec lui. Il faut se faire peur et s’offrir une crise sublime, existentielle, narcissique : mais qui sommes-nous, à la fin? Il faut trépigner comme un sale gamin d’Eton ou de Manchester, avec le maximum de mauvaise foi et de surenchère disponibles, et de regards en coin. Avec, oui peut-être l’EU comme parent oedipien que l’on adore détester, que l’on tue en secret pour exister, même en défilant avec un drapeau bleu et or dans les rues de Londres. Cette pile nucléaire névrotique, ce coeur tourbillonnant en fusion dévorant chaque minute des tombereaux d’arguments et de contre-arguments, ce réjouissant nonsense qui dégouline de partout et qu’on prétend abhorer, corseter… mais c’est nous enfin, disent-ils. Nous, nous, nous, c’est-à-dire, pas eux, pas Bruxelles ni Paris ni Hambourg ni New-York: nous. C’est complétement archaïque, antique, primal comme cri. Ce n’est pas le Leave ou le Remain qui comptent, c’est la crise. C’est l’intensité et la qualité de la crise qui compte. Ce que je trouve absolument fascinant, c’est qu’on est par un hasard de l’histoire en mesure de voir ce qu’il y a sous le capot, dans la psyché d’un peuple. On voit son énergie pure, folle, irrationnelle et pulsionnelle qui bout là devant nous. Peut-être que les anglais ont pensé la même chose de la Révolution Française de 1789. Un volcan n’a pas de raisons après tout, ni de causes ni d’arguments: il fait éruption, c’est tout. Le Brexit, oeuvre commune finalement, oeuvre collective, cheval fou de fantasy sur lequel on monte pour qu’il nous transporte, nous emmène, nous dise qui nous sommes. Quelle fierté alors!

*après un court échange d’idées avec @gabriel_marot que j’aimerais bien continuer…