Une ville psychique

Une ville où coexisteraient nos souvenirs, nos états. Une ville composite qui contiendrait toutes les villes où nous avons vécu. Une ville de strates temporelles, de couches psychologiques. Une ville de saisons, d’épisodes, de périodes, de phases. La culture alors, ce serait ça: non pas une accumulation de connaissances ou de façons de se comporter, mais plutôt une superposition, un effet de couches. Etre à la fois celui qui marche sur ses propres traces – qui revient névrotiquement, encore et encore, à Lisbonne, à Barcelone ou à Berlin par exemple – mais aussi celui qui est « son propre prédécesseur, son propre chant du coq dans les ruelles obscures ». Nos attitudes, nos gestes, nos façons d’être sont la réplique de toutes nos attitudes, gestes et façons d’être précédents au cours de notre vie: c’est pour grande partie ce qui constitue notre personnalité aux yeux des autres, ce qui nous rend typiques de nous-mêmes si l’on peut dire. De même, grand nombre de sensations, plaisantes ou déplaisantes sont rapportées par nous, consciemment ou pas, à des souvenirs ou à des impressions déjà vécues et comme « enregistrées ». Dans « Malaise dans la culture » Freud compare l’esprit humain à la ville de Rome:

« Imaginons, à présent, [que Rome] ne soit point un lieu d’habitations humaines, mais un être psychique au passé aussi riche et aussi lointain, où rien de ce qui s’est une fois produit ne se serait perdu, et où toutes les phases récentes de son développement subsisteraient encore à côté des anciennes. (…) Sur l’emplacement actuel du Colisée, nous pourrions admirer aussi la Domus aurea de Néron aujourd’hui disparue ; sur celui du Panthéon, nous trouverions non seulement le Panthéon d’aujourd’hui, tel qu’Hadrien nous l’a légué, mais aussi sur le même sol le monument primitif d’Agrippa ; et ce même sol porterait encore l’église de Maria Sopra Minerva, ainsi que le temple antique sur lequel elle fut construite. Il suffirait alors à l’observateur de changer la direction de son regard, ou son point de vue, pour faire surgir l’un ou l’autre de ces aspects architecturaux. »

Cette étrange ville psychique où j’ai l’impression d’évoluer, c’est la mémoire bien sûr, qui est enregistrement conscient et inconscient, avec ses couches et ses heurs, ses voltes et ses ratés, ses déserts subits et ses cascades heureuses. Mais une mémoire comme diffractée, prolongée avec un effet de pédale, un effet de flou qui permet de prendre une chose pour une autre. JG Ballard dans ses expériences de LSD a décrit des effets similaires: les objets, les mouvements, les êtres et les pensées cessent d’avoir des limites et sont tout en traînée, en halo. L’oiseau devient sa trajectoire… La ville psychique, ce serait un cela: une impression à Palma qui serait en réalité celle de Calvi trente ans auparavant, une piscine idéale et composite que l’on croit saisir par fragments à travers le monde et à travers le temps, une conversation commencée dans une ville et poursuivie fantastiquement de ville en ville comme dans les romans de Bolaño, un geste ou une action commencée quelque part et comprise bien plus tard et bien plus loin. L’écriture poétique emprunte au rêve sa façon d’agréger l’ancien et le nouveau, le prétendument important et le réputé bénin, l’avoué et l’inavoué; tout cela pour construire, pour extraire le sens. L’écriture est psychique mais la ville ne l’est pas moins avec ses ruines et ses projets, ses monuments et ses parties cachées, ses gloires et ses hontes. La ville psychique est à la fois contenant, cocotte qui cuit lentement les êtres et les choses, toile de fond ou décor de toute culture, échappée bien-aimée de l’anonymat et ouvroir de l’imaginaire. Une projection… S’y promener, seul, accompagné, ou encore, un fantôme à son bras…

Ballardian Alley

Je suis hanté par une cité balnéaire idéale issue de mes rêves, de mes voyages réels ou fictifs, de mes souvenirs d’enfance de Méditerranée et de la lecture de JG Ballard. Une cité composite, comme une sorte de cocktail au goût indéfinissable, un mélange de souvenir et de promesse. Le Kukulkan Boulevard à Cancùn, la Grande Motte, les étranges créations balnéaires des années 1970 de la côte Atlantique, nourries de science-fiction et comme ivres d’avenir: toutes ces avenues « de la mer » ou « del Mar » relèvent des mêmes prolégomènes, de la même tectonique primitive qui produisit Stonehenge, les alignements de Carnac ou de l’île de Pâques. Toute civilisation devient une course vers la mer, un élan architectonique que la mer coiffe et achève tout en le nimbant d’un mystère, d’un appel vers l’infini et le futur. Toute cité balnéaire est une célébration issue de temps très anciens. Tout coucher de soleil est la réplique de millions de couchers de soleil vus par les hommes. Dès lors, on peut voir les cités balnéaires contemporaines comme l’aboutissement de cette longue civilisation – le bar “Atlantis” où l’on boit son cocktail prend alors une autre signification. Toute cité balnéaire a pour vocation l’envoi vers l’inconnu d’un “vaisseau” qui la sublime: “nous avons quitté la Terre et nous sommes embarqués” écrit Nietzsche dans le Gai-Savoir. “Nous avons rompu les ponts derrière nous, – et plus encore, nous avons rompu la terre derrière nous!” L’architecture est l’avant-dernière pointe, elle se sublime ensuite dans le vaisseau qui part vers l’inconnu. Les tableaux de Claude Lorrain, comme l’embarquement de sainte Ursule, ou l’embarquement de la reine de Saba, montrent aussi cela. L’architecture se mesure à un inconnu qui la dépasse et donne sa mesure ultime, et où elle cherche son accomplissement, son “endeavour”, sa sublimation.

Les cités balnéaires, si artificielles, kitsch, bariolées, outrées et caricaturales soient-elles (comme ici à Cala d’Or) sont en réalité des chambres d’appel, des zones d’embarquement, des zones de transition. Marchant sur le Paseo Maritimo de Palma avec sa glace à la main, au crépuscule, parmi des cohortes de touristes, on sent bien qu’on accomplit un rite obscur, déguisé en divertissement vulgaire. D’un côté la ville, qui est finitude mais aussi envoi de signaux grâce à l’architecture. De l’autre côté, la fantastique masse d’infini de la mer et du ciel, l’éternité de Rimbaud, “la mer allée / avec le soleil”. La cité balnéaire est la zone de dialogue et d’échange entre ces deux mondes, une articulation essentielle à la civilisation et à la condition humaine. On peut très bien prendre le “vaisseau” de l’aphorisme 124 du Gai-Savoir comme un vaisseau spatial en route vers Mars – planète que je contemple toutes les nuits de ma chaise longue en buvant un Campari-soda. Nul n’a mieux compris que JG Ballard, qui était un fervent adepte de la Costa del Sol et de la French Riviera, le potentiel fantastique des cités balnéaires. Visionnaire il voyait les immeubles à balcon et les piscines des marinas comme de complexes instruments de mesures astronomiques, de savantes géométries incantatoires en relation avec le cosmos. Pour lui la civilisation des loisirs balnéaires de masse était une sorte d’accomplissement, de stase de l’humanité. La nouvelle “Having a wonderful time” relate dans une étrange forme épistolaire le destin de touristes anglais restés bloqués à Las Palmas, dans les Iles Canaries, et qui débutent contraints et forcés une sorte de civilisation balnéaire post-industrielle et tribale. “Low flying aircraft” raconte le destin d’un couple essayant d’avoir des enfants, lui aussi coincé dans une marina post-apocalyptique, ensablée, ou hôtels et bars désaffectés acquièrent une présence surréaliste. Le recueil de nouvelles “Vermilion Sands”, de l’aveu de son auteur, « banlieue exotique de [son] esprit », relate lui aussi une civilisation balnéaire, mi Palm Springs, mi planète Mars, à l’exclusion de toute autre forme urbaine ou de culture: le trait d’union entre culture balnéaire et culture spatiale en ces temps bénis de science fiction.

L’effet “ballardian” ou ballardien vient donc de sensations composites: arpenter des boulevards maritimes réels ou imaginaires; assembler des sensations composites et éclatées dans le temps (Palma ici, Calvi là, Miami dans un film, Rio dans un souhait, Blanes dans un roman, Cancùn dans un poème, Tel Aviv dans un projet); d’idées étranges (le destin balnéo-spatial de l’humanité). Ou encore, traverser l’immensité de la mer-nuit à bord d’une piscine fluorescente, extatique, suspendu sous les étoiles filantes, et se sentir foncer à bord d’un véhicule mythique vers les futurs étincelants.

http://www.ballardian.com/

Sans titre

A chaque fois que vous assénez une vérité – et toujours avec un empressement qui vous trahit- vous montrez une inquiétude, une sorte de crevasse personnelle. Par contre, à chaque fois que vous vous payez le luxe de la candeur et du doute – oui, même avec une certaine cabotinerie-, vous voyez bien que vous gagnez en crédit, en séduction et en pouvoir. La question maintenant est: que faire de ce pouvoir?

Une surface de libération

Depuis la tour de télévision nous avons vu ce qui ressemblait à une grande surface d’herbe jaunie, ce qui était déjà assez étrange en pleine ville. On nous a dit: c’est l’ancien aéroport de Berlin Tempelhof. Et puis: il a été transformé en parc, vous devriez aller voir. Tempelhof… il me semblait l’avoir vu en fonctionnement il y a une vingtaine d’années. Pour qui a lu JG Ballard (L’ultime cité, par exemple), l’idée d’un aéroport abandonné ne peut qu’exciter l’imagination: on imagine déjà des DC10 fantômes et des personnages bizarres, post-apocalyptiques dans les herbes hautes.

Nous descendons à Paradenstrasse et nous montons sur des vélos chinois pour aller vers le Tempelhof Feld, le champ. Comme toujours à Berlin l’histoire se présente en couches, en mille-feuille ou en palimpseste, et comme toujours il y en a trop. Ici donc les « Paraden » au 19ème siècle, un vaste terrain de manoeuvres militaires où les berlinois venaient pique-niquer le dimanche. Puis les débuts de l’aviation au commencement du 20ème. Puis l’immense aéroport construit par les nazis entre 36 et 41, devenu un camp de prisonniers pendant la guerre. Puis le « Luftbrücke », le fameux pont aérien de 1948-49. Puis une exploitation commerciale, qui périclite avec la construction de l’aéroport Berlin Tegel et la chute du Mur. Mais on ne voit pas tout ça évidemment quand, ayant fini de longer l’immense bâtiment on pique à gauche par une petite porte et on voit ceci: littéralement les pistes d’un ancien aéroport transformé en parc. Mais pas transformé avec des moyens, un projet, des architectes et des paysagistes, non. Transformé par un coup de baguette magique sémantique: avant il y avait un aéroport, et maintenant il y a un parc. Alors, on s’avance et on roule et c’est immédiatement formidable. Comme paysage, plat avec beaucoup de ciel et des herbes hautes et jaunes, ça évoque tout à fait le polder de Sébastopol à Noirmoutier, sans la mer. Et on voit toujours ces mêmes jeunes candides et superbes de Berlin, qui roulant, qui patinant, qui jouant au tennis sur le tarmac – un tennis qui devient démesuré et fou avec les flèches géantes peintes sur le runway.Trois cent quatre vingt hectares d’herbes folles avec quelques rares arbres, au milieu deux pistes de deux kilomètres et autour une voie de service, les pistes de roulage. Dans ce paysage de polders de petits groupes de cyclistes, de photographes d’oiseaux. Des couples, des filles cherchent la tranquillité, qui leur est généreusement accordée. A mesure qu’on arpente, littéralement, l’immense surface, des objets et des choses surgissent: là un radar, ici un skate park, ou encore une zone d’exercice pour chiens. Plus loin, une construction expérimentale faite par de jeunes architectes à base d’éléments de récupération d’anciens bâtiments de la DDR. Plus loin encore, vers la partie Est du champ, cela s’anime: un vaste jardin communautaire où s’imbriquent des centaines de mini-parcelles potagères avec des constructions variées. On voit des tentes et des caravanes et des manifestes punaisés sur des pancartes en bois. On voit des gens qui évoluent en bonne intelligence, clouent, rabotent, plaisantent. Des jeunes préparent un film sur le runway et cela a tout de suite une allure formidable. Quelques vieux zincs sont là pour faire bonne mesure, ils dorment dans les herbes folles. JG Ballard est mort en 2009, il n’a pas pu voir cet endroit extraordinaire et fou mais qu’importe, le lieu est absolument ballardien- et je n’ose imaginer les magnifiques accidents de voiture que l’on aurait pu organiser ici pour lui!

Plus tard, installé dans le traditionnel Biergarten – qui prend ici l’aspect extraordinaire d’un camp de bédouins dans le désert, la Wurst nomade?- on réfléchit. On pense au festival Burning Man dans le désert américain. On pense aux utopies des architectes des années 60-70, ici réalisées cinquante plus tard: les anglais d’Archigram et l’Instant City. Plus encore, aux italiens de Superstudio, qui avaient fait la prédiction d’une vaste surface ouverte, la « Supersurface » sur laquelle on évoluerait librement comme de nouvelles tribus nomades, littéralement nourris par les réseaux (appelée en toute modestie: « An alternative model for life on the Earth »!). Eh bien, cette prédiction est réalisée ici. Mais il y a plus que ça.

D’où vient le sentiment de bonheur qui vous saisit immédiatement lorsque vous pénétrez dans cet endroit? De la liberté bien sûr. Ou pour dire autrement, de l’institution faible: un cadre, certes organisé à l’allemande, mais où c’est l’indétermination et l’ouverture qui sont organisées. Ce qui est génial, c’est l’absence de programmation, l’absence du trait ou du mot sur un plan qui impose un comportement, qui institue. Pour savoir de quoi une société est capable, de quelle vision ou de quelle projet elle est porteuse, encore faut-il lui donner une page blanche, une « supersurface » où s’ébattre pour inventer ou accueillir le radicalement nouveau, le fruit de la création tectonique du temps. Tempelhof Feld est cette page, cette surface d’accueil et d’enregistrement, au sens sismographique, du Nouveau. Et ce n’est pas un hasard si l’on trouve dans la partie Nord du grand ovale du champ, une cité d’accueil de réfugiés et de demandeurs d’asile impeccable, totalement en harmonie avec le reste – et qui a largement de quoi nous faire rougir nous autres français. Et quoi d’autre? Il reste de la place, semble-t-on nous dire. Un cirque. Des terrains de sport. Une piste de voitures de course. Pourquoi pas?

L’institution faible, c’est la liberté et le projet. C’est aussi, si on écoute un autre visionnaire, le Nietzsche du Gai-Savoir (#280), l’occasion de se trouver soi-même, en éloignant de nous ne serait-ce que temporairement les aimants de l’institution, de la détermination sociale et de la coercition:

“Il faudra reconnaître un jour, et bientôt peut-être, ce qui manque à nos grandes villes : des endroits silencieux, spacieux et vastes pour la méditation, pourvus de hautes et longues galeries pour le mauvais temps et le temps trop ensoleillé, où le bruit des voitures et le cri des marchands ne pénétreraient pas, où une subtile convenance interdirait, même au prêtre, la prière à haute voix : des constructions et des promenades qui exprimeraient, par leur ensemble, ce que la méditation et l’éloignement du monde ont de sublime. Le temps est passé où l’Église possédait le monopole de la réflexion, où la vita contemplativa devait toujours être avant tout vita religiosa : et tout ce que l’Église a construit exprime cette pensée. Je ne sais pas comment nous pourrions nous contenter de ses monuments, même s’ils étaient dégagés de leur destination ecclésiastique : les monuments de l’Église parlent un langage beaucoup trop pathétique et trop étroit, ils sont trop les maisons de Dieu et les lieux d’apparat des relations supra-terrestres pour que, nous autres impies, nous puissions y méditer nos pensées. Nous voudrions nous voir traduits nous-mêmes en pierres et en plantes, nous promener en nous-mêmes, lorsque nous circulerions dans ces galeries et ces jardins. »

J’adore la « subtile convenance » et elle règne ici, au Tempelhof Feld. Il n’y a qu’à Berlin qu’on peut rêver comme cela dans des terrains vagues sublimes, métaphysiques, qui sont comme les mers intérieures de nos pensées et de notre âme. Il y a vingt-cinq ans c’était le terrain vague du Mur après la réunification – qui entretemps est devenu le Sony Center qui m’excite nettement moins. Maintenant ici, on prie pour que les « ingénieurs » du Gai Savoir gardent la main et que la mer reste ouverte. Entrez ici avec vos rêves, semblent-ils nous dire avec bienveillance.

Neukölln (der Himmel über)

A Berlin Neukölln, un dimanche soir de juin, les choses luisent dans une paix désarmante. Le match de foot s’étire d’écran en écran, de la télé de l’épicier turc à celle des bars qui jonchent, avec leurs lumières et leurs cris, le quartier endormi, ouaté. Tout semble fait pour magnifier les lumières, les lueurs, le voyage de la lumière dans l’air bleu, vert, un air de sous-bois et de lacs qui vivent encore là, depuis toujours. A Neukölln, l’éternité, oui, mais dans cette humanité désarmante. Un gars et sa copine jouent au ping-pong avec toute la légereté et l’innocence que l’on accorde au jeu. Trois jeunes types jouent au basket dans un playground qui est un invraisemblable écrin de verdure: comme une sorte de basket sub-aquatique dans le fluide vert magique, amniotique et rieur de leur enfance. Aux terrasses des bars, des vieux sont assis religieusement devant le foot avec posées devant eux, sur de petites tables, des bières hautes, blondes et blanches, embuées, qui sont ni plus ni moins que des promesses de bonheur. Le bonheur, c’est finalement avant, quand la bière repose intacte devant vous, ou bien quand retentit le petit déclic de l’ascenseur, en bas, le signal que l’amante que vous attendez dans le noir, couché sur le lit, vient enfin vous rejoindre. Avant, avant. Mais ici, c’est encore autre chose. Les enseignes et les écrans qui luisent dans l’air frais et bleu et granuleux de juin parlent une langue inconnue que l’on comprend instantanément, une langue d’avant le langage. Puis, c’est le petit cinéma de quartier où rebelote, des filles aux yeux rieurs remplissent des chopines immenses et vous donnent des tartines de jambon tiède. Neukölln, c’est aussi Charleroi et « Ilkino », c’est le Cabaret Vert. Et peut-être que la tapisserie très naïve, c’est le foot avec ses couleurs vives. On boit, on mange, on fume, on discute et on rit avec ce sérieux des enfants blonds, ce sérieux qui est la vraie joie. Mais quand arrivent ces grandes images grises qui survolent la ville, ces images frottées et granuleuses qui semblent la continuité magique, séraphique de ce quartier si paisible, alors oui, c’est la beauté. C’est la beauté et il n’y a que les larmes qui puissent la dire. « Als das Kind ein Kind war, wusste es nicht, das es Kind war. »