MD la nuit

Le blanc. Les caractères le ‘e’ muet sur le blanc. Les délinéaments, les béances, les monades, les méchancetés, les grâces. La grâce. « Autour de l’enfant tournoie le monde, (…) tout entier contenu dans ses yeux. (L’été 80) » La typographie, si l’on veut, et le silence. La bêtise, l’obstination de la chose. L’Ouvert. Ce qui survient, obstiné, indifférent, grossier, Intrus.  Golfes, béances, Hinterlands.

Mais tout ça ce sont des mots. L’écriture ce n’est pas ça. C’est plutôt le Ça de ce ça. C’est ce qui surgit étrange, comme un milieu, une volonté gélatineuse, – rien à voir avec ‘soi’. Et Duras est peut-être celle qui l’a approché de plus près, ce Ça, et celle qui s’y est maintenue le plus longtemps. Le Ça – ailleurs elle dit ‘the thing’ ce qui finalement le décrit assez bien – le Ça n’a pas de finalité narrative. Encore moins, stylistique. Mais comment non? Tout le monde s’extasie, Duras, aah le style. Non. Ils n’y comprennent rien, puisqu’ils n’écrivent pas. Puisqu’ils ne se livrent pas sans ambage, sans retenue, sans raison, sans calcul, sans concession à ‘the thing’. L’écriture c’est l’écriture, comme un monstre, un golem, un volcan. La mer. L’écriture c’est la mer, monstrueuse, indifférente et cruelle. Ou la Nuit, la nuit du texte, dit-elle. « Un livre ouvert, c’est aussi la nuit. Je ne sais pas pourquoi les mots que je viens d’écrire me font pleurer. » (Écrire, 1993)

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