C’est ce déplacement de soi vers l’écrit qui est l’écrit. (1982)
Écrire, c’est aller dans ce périmètre où l’on n’est plus personne.
« Est-ce que ce qui compte ce n’est pas la foi? Pas la foi en Dieu, merci. Pas non plus la foi en soi-même. Non juste la foi, pour elle-même. »
Tu sais, il suffit de très peu de choses pour faire un modèle, pour partir, foncer. Une phrase, un regard. (1985)
Autour de l’enfant tournoie le monde, ce jour-ci tout entier contenu dans ses yeux. (L’été 80)
Gdansk, non, presque personne ne peut voir ce qu’est Gdansk. Tout à coup la vérité éclate : presque personne n’est encore capable de ressentir le bonheur de ce qui se passe à Gdansk. Je suis seule, et dans ce bonheur.
Je suis dans une solitude que je reconnais, qu’entre toutes nous reconnaissons, sans recours aucun désormais, irrémédiable, la solitude politique. C’est ce bonheur que je ne peux dire à personne qui m’empêche d’écrire. C’était ça. (L’été 80)
Je me suis dit qu’on écrivait toujours sur le corps mort du monde et, de même, sur le corps mort de l’amour. Que c’était dans les états d’absence que l’écrit s’engouffrait pour ne remplacer rien de ce qui avait été vécu ou supposé l’avoir été, mais pour en consigner le désert par lui laissé. (L’été 80)
–/
Elle est belle. C’est invisible.
Le sait-elle?
– Non, non.
(Détruire dit-elle, 1969)