Suárez

Il m’a dit qu’il m’envoyait Suárez pour réparer la porte. Suárez. Sa tête, comme un ravin, et cette porte qui ne ressemble à rien. Les choses que l’on répare plus par habitude. Il fait chaud. On pousse ses actions, on ratiocine, on fait des listes, on essaye de se tromper soi-même, l’après-midi avance de mauvaise grâce. On regarde la porte. Suárez regarde la porte. On regarde Suárez. Cette porte est navrante. Cette porte nous regarde. Cette après-midi est navrante, on mange une glace, on parle des plantes vertes, du tuyau d’arrosage, des vélos électrique, des magasins bio. On parle de rien en fait. On est là, jeunes et vieux, presque sagement, à simuler un ordre qui n’existe pas. Une société. Si l’identité n’existe pas, la société non plus. Mais quoi alors? La porte ferme mal, la poignée est cassée, Suárez constate froidement que ce n’est pas du boulot, et puis, de toute façon, il fait trop chaud.

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