The brutalist

On y va en traînant, en affûtant dans le vide, déjà, ses récriminations. Avocat de ses préjugés, dit Nietzsche. On y va parce qu’on a confiance dans la personne qui demande, et, déjà cette rouerie : « tu vois, j’y suis allé ». Le film est trop long. L’entracte est ridicule. Le générique est overreferenced. L’architecture, on veut toujours lui régler son compte, on veut toujours la mettre dans une boîte, on veut toujours dire qu’on connaît. Qu’est-ce qu’on en connaît, nous autres, les chiens? Des expériences, des frustrations, des erreurs, des lueurs. Et de l’autre côté, parfois, souvent, des fous, des maniaques, c’est vrai. « Vous êtes toujours à vous plaindre » dit avec malice la petite voix, là-bas, là-haut, sur la montagne.

Mais alors? On s’agace, mais il y a des choses justes. Balayer à la fin. Être le dernier à y croire. Parler du haut d’une certitude qu’on n’a pas (la peur), mais qu’en fait, on a. Qu’on « emprunte ». Le moment de vertige et de délice qu’est la grosse commande de hasard. Ce chemin tortueux de la séduction qu’on emprunte. Et ça marche, le pire. Le transfert. Les rencontres qui sont comme des boules d’énergie qui vous propulsent, vous catapultent. L’aventure. La solitude? J’entends encore la petite voix. Eh bien, oui, la solitude.

Mais encore? Le malaise dans la culture, de Freud. L’holocauste comme culture, d’Imre Kertész. This bloody minimalism… Qu’y-a-t-il dedans? Quelle violence? Quels crimes? Quelles composantes? Une chaîne de certitudes, dit Scharoun (eine Kette von Beweisschlüssen). Qu’est-ce qu’on ne nous a pas dit, qu’on ne nous a pas raconté? Est-ce l’ultime séduction du mal? Sommes-nous des agents, des docteurs Faust, gesticulants, vieillissants, sur les chantiers? The hard core of beauty, dit le film. Les montagnes de Carrare, grands dieux j’y ai été aussi, mais sans le client. Elles sont belles, mais terrifiantes, noires, evil. Nous aurions dû nous méfier davantage.

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