Poèmes sans suite

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un fauteuil usé

de velours bleu vert

dans le hall désert de l’immeuble

attend

comme dans un film.

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petites maisons blanches logées entre les pins

elle s’était perdue en allant chercher les croissants.

—-

admettons que tu sois un mille-feuille, lui dit-il

à quel étage situerais-tu

tes prétendues

raisons.

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par les toits s’échappe la ville

ce halo de lumière blanche

quelqu’un, accroché au plus haut bastingage, – dans le gris – a écrit en grandes lettres :

ELSASS

ta voix au téléphone

nerveuse impatiente inquiète et

par-dessous

– vivante.

—-

au secours

non

plutôt

à

notre secours,

revient

Roberto Bolaño.

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dans le parc abondonné

brusquement tropical

deux mexicains en poncho kaki écoutent des vieux airs

des enfants s’avancent les yeux ronds les bras ouverts dans les allées qui ne mènent nulle part

d’étranges musiques se mélangent et parfois les danses correspondent

sous la pluie

des hommes vêtus de noir démontent rageusement des structures

absurdes.

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j’ai nagé

dans un pâle soleil glorieux des années soixante-dix

nostalgie d’une ancienne science-fiction

dans le quartier morne

carrelages blancs frémissants qui attentent

le futur l’avenir.

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