Le Train Fantôme

Sa vie était une suite de frayeurs. Ce n’était pas tellement lui qui allait au-devant d’elles ; plutôt, elles qui surgissaient pour lui sauter dessus comme dans un train fantôme. Le déroulement du temps, pour lui, était la promesse de nouvelles angoisses, de nouvelles créations si on veut qui surgissaient du noir comme dans le tableau de Füssli. Il y avait la peur d’être malade, d’être quitté et surtout, sursummant tout, la peur de se tromper. Il était passionnément conservateur, il freinait désespérément dans ce temps qui le traînait. Il regardait maladivement vers l’arrière, guettant dans son sillage ses erreurs qui s’éloignaient dans l’irrévocable. 

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