Kafka. “Der Unfertigen.” L’inachevé.
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A l’aéroport de Nantes, qui m’enchante par son côté DDR. Terrifiant de voir les familles, les filiations, le visage du père sur le visage du fils, les habits qui se ressemblent, les mimiques, le body langage, enfin tout ce qui relève de la famille, sous les néons des années 80. Etant d’une famille on doit toujours justifier un monde ou une façon d’être, à son corps défendant. Ça épuise. On voudrait être ailleurs, ou quelqu’un d’autre. Mais être, c’est être là-dedans. Autrement dit, être, c’est être ça. Comme une tragédie. Comme une damnation. Comme une condamnation (la Colonie Pénitentiaire, avec chacun sa sentence tatouée sur la peau). Obligés d’être redevables, de se comporter de telle manière, de répéter telles mimiques, etc. Idem pour les classes sociales. Obligés d’appartenir.
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Michele, voyant une photo de moi à côté de mon père : « C’est fou ce que ton frère te ressemble ». Errances sans fin. L’identité. L’incertitude d’être là. Mais le rire, aussi. Le rire de Nietzsche qui sautille sur sa montagne. Malade, moi?
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Marx. « Wir haben nichts zu verlieren außer unseren Ketten. »