Sous un ciel bas, plombé, dans une lumière d’apocalypse la bourgeoisie du sixième arrondissement s’ébat imperturbable, guidée par son seul code, son programme. Elle est monde par dessus le monde, surmonde qui serait une sorte de vêtement moral de bonne coupe, d’oeillère ou de guêtre sursumante. Dans un petit square dejeté qui évoque le réalisme socialiste, une femme solitaire brandit un drapeau de la Palestine molesté par le vent. Tout le monde s’en fout, reliant d’un sourire les sports d’hiver aux vacances de Pâques. Il n’est pas besoin d’action individuelle, puisque tout est pourvu, tout est prévu dans un système collectif. Ce qui m’interroge dans ce quartier, c’est l’architecture, certaines barres de logements ornées de bas-relief en béton ou en bronze ressemblant aux photos qu’A. m’envoie du Kazakhstan. Ambiance effroyable, mais aussi extatique, sereine, prévue, béate. Ici on pourrait être dans une nouvelle de Kafka, une sorte de cauchemar peut-être, d’une population aux yeux fermés ou coincés en position ouverte sur une réalité alternative, idéologique, aux principes gravés en grandes lettres sur des églises laides ou des tours des années soixante-dix.
Lyon
Publié par jeanphilippedore
Architecte, bloggeur, conseiller, auteur Voir tous les articles par jeanphilippedore
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