A man

Kei Ichikawa

L’identité ? Un halo, une hypothèse, une convergence momentanée de forces, une théorie, un mystérieux rendez-vous. Une collection d’indices comme ceux glanés par l’enquêteur du film. Être identique cela veut dire être ‘le même’ (idem). Est-on identique à soi-même ? Est-on frappé d’identité ? L’État, ou la morale qui gouverne en nous (Nietzsche), le Über-Ich (Freud), l’être supérieur ou le ‘puissant courant sous-marin’ (Kertész) qui nous guide sans être nous, l’image que les amis et l’amante fabriquent de nous et qui doit, en toute vraisemblance, être nous : la glose et les variations sont infinies et c’est cela, le halo. J’en rigole, bien sûr – Gabriel : toi tu réussis l’exploit d’usurper ta propre identité ! – j’en ris mais toujours j’y reviens. Souvenirs de terreurs de jeunesse, à l’adolescence sans doute et à proximité d’un miroir : sentiment panique de décollement, de distorsion, d’étrangeté… Das Unheimliche. L’inquiétante étrangeté. Ce sentiment a disparu aujourd’hui, il reste l’épaisseur d’un doute dans lequel on habite.

Kertész : « J’aurais tant aimé ne pas être moi, alors ils n’auraient pas été eux, rien ne serait arrivé, il n’y aurait pas d’histoire et nous tous qui nous trouvions là serions sans destin, comme le sont, selon Rilke, les dieux… ».

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