Djurgården

A Stockholm, on évolue dans un espace ouvert, eau, ciel, ville, parcs et forêt, or pâle de l’atmosphère. La fin de l’été est fluide, fraîche, tranquille. Le soleil est oblique et pâle et il a son pesant d’ombres bleues. Le soleil est la tristesse et la joie, un sentiment impossible à définir. Ici, on est pris en charge par les amis qui nous aiguillent, nous aident sans nous toucher, comme par induction. Sourires, silences. Le terrible, l’hiver n’est pas pour demain mais il approche. Chacun contient les autres, chacun se conduit avec cette bonne volonté sous-jacente, cette certitude des yeux clairs. Que cachent-ils? L’architecture, par exemple (Liljevalchs Konsthall) n’est pas essentiellement différente mais la teneur des rapports humains l’est. On sent ici une sorte de Grand Etre qui serait la société. Est-ce au détriment de l’individu? Peut-être, mais à lui, tout lui sera rendu au centuple simplement en marchant dans la forêt, en nageant dans un lac, sous le ciel. Il y a quelque chose de précieux qui vit ici, dans un demi-sourire inexprimé. Quelque chose de minéral, végétal, mutique et vivant. Une essence. Cela intrigue le néophyte, l’urbain fatigué des combats, le midlifer. On aimerait comprendre. On aimerait rester. On se prend à rêver, comme à la fin des voyages, la vie qu’on pourrait avoir, l’identité qu’on pourrait avoir, ici. Sur la baie de Djurgård…

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