Une bande dessinée. Une histoire ‘brumeuse et précise’, genre Alphaville de Godard. Quand Anna Karina lit Eluard. Capitale de la douleur. Une ville, en noir et blanc. Une histoire dans les années soixante-dix de l’enfance. Une histoire avec les aventurières de la musique électronique que sont Daphné Oram, Wendy Carlos, Laurie Spiegel, Suzanne Ciani, Pauline Oliveros, Eliane Radigue. Surtout Eliane Radigue. Une histoire avec les machines. La technique. ‘L’essence ambiguë de la technique, la constellation, le mouvement stellaire du secret’. Le mouvement stellaire du secret dans ‘Tryptich’ et ‘L’île résonnante’ de Radigue. Une longue aventure grise et noire dans la solitude de la nuit. Le studio à Manhattan. Les longues heures de la nuit dans la cage de Faraday. Claviers. Cadrans. Boutons. Câbles. Consoles. Des diodes qui luisent calmement dans la nuit. Comme une promesse. Comme une aube. La solitude comme un royaume, comme un voyage immobile, aux commandes. Une musique qui ressemble au silence, ou au vaste mouvement de la mer, ou au vent, ou aux battements du coeur. Une musique qui serait la structure même du monde. Une musique qui aurait toujours été là, comme cachée. Voilà, on chercherait ça, avec passion dans la nuit, dans les laboratoires Bell ou Moog ou Buchla ou ARP. On chercherait dans l’hermétisme des machines qu’on programme autant qu’elles nous programment. On chercherait notre humanité dans l’inhumanité. Car c’est nous-mêmes que nous recherchons ainsi n’est-ce pas?
Fantasme story (dessinée)
Publié par jeanphilippedore
Architecte, bloggeur, conseiller, auteur Voir tous les articles par jeanphilippedore
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