Je dirais tout d’abord qu’il faut une bonne viscosité relationnelle, il faut se sentir chez soi dans le déséquilibre des relations, il faut être habitué au nécessaire béquillage sur l’autre — pris comme une sorte de prothèse qui pallie ou complète votre être. Vous passez telle une caravane, et des choses se passent. Des particules s’assemblent et se complaisent dans leur nouvel état, leur nouvelle texture qui crée des possibles, une éventuelle communauté, une possible république, l’assemblée d’un instant et d’une opportunité. Ouverture. Le poney se délecte de l’ouverture qu’il créé ou qui se crée sur son passage – dans un mystère qui toujours le dépasse. Des particules, des neutrinos d’opportunité flottent dans l’air comme un pollen invisible et il les happe, béat. Le poney trotte et s’ignore. Son champ est une prairie mycélienne, un épais tapis tissé de fils invisibles : affects, relations, attractions qui polarisent le champ, pré-programment et influent les comportements. On peut réagir mais pas agir. On peut sentir mais pas comprendre. On habite des infractuosités de hasard, des ‘et si’, des ‘demain’, des sourires, des instants de cafés et des cigarettes. Une vie de hasard, de random, ou ‘randon’ qui veut dire course impétueuse, errance dans les steppes à la recherche d’imperceptibles signes. Une randonnée, si l’on veut, une course au hasard gouvernée par les astres, les attractions, les chances. Nous sommes infatigables parce que nous sommes anciens, sédimentés, codés, mystérieux et denses. C’est l’animal en nous qui cavale, libre. Et dans toutes les directions s’étend la steppe.
Du poneyage
Publié par jeanphilippedore
Architecte, bloggeur, conseiller, auteur Voir tous les articles par jeanphilippedore
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