Il existe au-dessus d’un immeuble gris et sans âme
Un édiculon du même gris et dont l’âme est peut-être la machinerie qu’il héberge
C’est lui que je regarde
Plus que ses semblables dont les portes de fer battent au vent
Antennes de télévision en déshérence
Vieux morceaux de zinc qui se morfondent face au ciel
Graffitis oubliés, signes des jours meilleurs et des couchers de soleil
Le monde des toits que j’aime depuis l’enfance quand je m’ennuyais à l’école et que je m’échappais
Par les yeux
C’est lui qu’il faut regarder entre tous donc
Pour que l’ouverture se produise ce sentiment de plénitude et d’assise
Ferme sur le sol courbe du monde
Ferme sur la course du monde
J’entends déjà le guru qui gronde : ‘point de visualisation!’
Ce n’est pas de la visualisation me défendrais-je
C’est attraper l’avers du monde
La face qu’on ne voit pas
A moins d’être
Furtivement
Un héros