Virabhadrâsana

Il existe au-dessus d’un immeuble gris et sans âme

Un édiculon du même gris et dont l’âme est peut-être la machinerie qu’il héberge

C’est lui que je regarde

Plus que ses semblables dont les portes de fer battent au vent

Antennes de télévision en déshérence

Vieux morceaux de zinc qui se morfondent face au ciel

Graffitis oubliés, signes des jours meilleurs et des couchers de soleil

Le monde des toits que j’aime depuis l’enfance quand je m’ennuyais à l’école et que je m’échappais

Par les yeux

C’est lui qu’il faut regarder entre tous donc

Pour que l’ouverture se produise ce sentiment de plénitude et d’assise

Ferme sur le sol courbe du monde

Ferme sur la course du monde

J’entends déjà le guru qui gronde : ‘point de visualisation!’

Ce n’est pas de la visualisation me défendrais-je

C’est attraper l’avers du monde

La face qu’on ne voit pas

A moins d’être

Furtivement

Un héros

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