ZAC des Batignolles

Dans le parc

Depuis l’étrange construction qui enjambe la voie ferrée qui ne mène nulle part

— une sorte de belvédère

On voit bien

Les immeubles neufs qui s’élancent avec une sorte de bonne volonté dans la laideur

Ils sont laids parce qu’ils sont un peu en avance

Ils sont de leur temps et nous pas encore — nous devons apprendre ce qu’est notre temps

Une jeune fille enchaîne les punches sur les gants plats de son entraîneur, gauche, droite ça fait un bruit sourd

Un cadre dans l’informatique entreprend de se suspendre avec des élastiques aux tubulures de fer gris, il va se soumettre à des exercises effrayants

La bonne volonté, énorme, ruisselle sur le monde

Une alarme au loin retentit, la vague musique d’une enceinte portative

Des ouvriers en orange s’agitent

On ne sait pas trop ce qui se passe, beau ou laid ce n’est pas la question

Mais quelle est donc

La question

Les temps ne sont pas accomplis, il ne sont pas jointifs, il y a cette béance, cette ouverture comme une gueule de baleine géante qui nous happe

L’Ouvert, voilà

L’oeil de l’Ouvert de Rilke nous regarde

Et règne sur les choses.

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