Monte San Savino

On roule longtemps dans le brouillard dans les voitures allemandes. Or très pâle de l’atmosphère sur une campagne de rêve. L’atelier révèle toutes sortes de splendeurs et toute la journée on dessine en manipulant les pierres, les bois, l’acier. Danilo, le patron, dessine comme Michel-Ange et parle sans discontinuer. Un monstro. Paolo, absolument charmant, qui est censé me conseiller, est dix fois meilleur que moi comme architecte mais à aucun moment il n’aura l’inélégance de le laisser suggérer. Lui parle rarement et toujours juste. On me sert du Chianti vieux et vaporise un air d’importance autour de moi. L’air sent la truffe et le bois brûlé. AC, elle, est à sa place, where she belongs. La sûreté et le plaisir, et l’élégance du doute dans la sûreté et le plaisir, c’est à ça qu’on reconnaît le talent. Quelle équipée. Quelle fête pour un poney de labeur, un poney moyen. Occuper, imposture énorme, le centre d’un cyclone que l’on fait tourner. Avancer partout en projetant l’ombre de la puissance de l’autre. Occuper un rôle purement théorique, représentatif. Les mystères m’assaillent et les beautés me dépassent. Je ne comprends pas tout. Je flotte. Mais c’est peut-être ça la puissance après tout.

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