Bologne

Des machines. Des entrepôts. Des autostrades. Des voitures. D’autres machines dans d’autres entrepôts, vendues par des femmes blondes masquées, par des hommes en costumes bleus masqués qui déroulent l’implacable rouleau de la technique, des raisons, des chiffres et des problèmes. Là, on se croirait plutôt dans le ‘Deserto Rosso’ transporté en Emilie Romagne. On ne comprend plus rien mais on nage quand même là-dedans, la souple résille, la constellation, le ‘mouvement stellaire du secret’ est ainsi fait qu’on peut toujours se saisir d’un tuyau, appuyer sur un bouton, frôler un ‘display’, citer un chiffre en fronçant les yeux, sortir un détail, enfin le secret n’est fait que de bonnes volontés préhensiles, de prétextes tendus, d’érotiques de bonne volonté. Nous pourrions encore passer des semaines, des mois, des années à taillader l’Italie du Nord dans des voitures allemandes monstrueuses de puissance, nous pourrions véritablement jouer ce jeu sans fin. Nous le jouons avec gravité pour qu’il y ait toujours des autostrades, des entrepôts, des displays trompeurs, des machines suisses qui jouent à deviner vos désirs comme des chiens fidèles. Nous tissons le voile de la technique, l’étoffe dont nos rêves sont faits comme une fenêtre qui s’allume dans la nuit de la ville rouge. Nous ne comprenons pas ce que nous faisons, mais nous le faisons avec sérieux, avec science, avec gravité, avec des sourires pâles qui ne doivent rien dire, qui ne doivent rien trahir. Nous sommes le pacte. A toi d’appuyer sur le bouton.

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