Scène fleuve

I see the boys of summer in their ruin

Lay the gold tithings barren,

Setting no store by harvest, freeze the soils;

There in their heat the winter floods

Of frozen loves they fetch their girls,

And drown the cargoed apples in their tides.

Dylan Thomas, 18 poems

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Ils étaient là couchés dans leurs forces en attente, dans l’onde bleue du fleuve, parmi les roseaux. Ils étaient tapis comme des fauves sous le ciel bleu, sous le soleil. Une bouteille rafraîchissait à leurs pieds pendant qu’ils checkaient leur portable d’un air nonchalant. Leur nonchalance était un message, comme une musique, comme un code. Comme leurs lunettes de soleil dûment choisies et leurs maillots de bain. Ils reposaient dans leur force et leur message était tout de candeur, de pose, ils étaient comme les sémaphores de l’été. Ils étaient une proposition à la face du monde, et aussi une incompréhension incrédule. Ils étaient les tohu-bohus les plus triomphants et les péninsules démarrées. Ils étaient le poème qu’ils n’avaient ni lu, ni écrit, nul besoin. Ils étaient une espèce de défi à l’arrêt, de combat en attente, de muscle invisible qui se bande avant le vrai muscle. Ils étaient la promesse, et le défi, et le futur. Ils étaient comme un couple de Dieux grecs, chastes et ennuyés, sur Instagram. Le fleuve leur obéissait.

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