Coup de mou psychique. Remuer ses ailes pour voir s’il reste du carburant. Vérifier que l’on n’est pas en train de se consumer sur place, sur pied. Je me sens projeté sur une monstrueuse autoroute, déserte, marmoréenne, étincelante – voyageant à une vitesse terrifiante quoi que je sois désespérément à l’arrêt. Une autoroute métaphysique, en vérité, veillée par quelques hiératiques crapauds, dont je suis le seul utilisateur, à la fois le moyen de transport et le transporté. Etrange équipée. Rêve et réalité se disputent en incrédibilité, nuit et jour aussi. Les jours gagnent d’une courte tête, répétitifs qu’ils sont, des plages d’ennui traversées de fulgurances, d’échappées, de faux départs vers l’imaginaire. La nuit, on récupère une sorte de sociabilité frelatée, on passe sous la garde de la conscience avec des attestations trafiquées, on rebondit d’un avatar à l’autre. Pour un peu on se sentirait comme un de ces ‘spectres ou hommes feints qui ne se meuvent que par ressorts.’
Autobahn
Publié par jeanphilippedore
Architecte, bloggeur, conseiller, auteur Voir tous les articles par jeanphilippedore
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