Soft disgusting drink

La publicité Coca-Cola de la station Arts et Métiers, c’est la compromission et la fausseté. Pas le factice, que maintenant je loue: le faux. Le faux sourire, le faux enjouement, la fausse complicité, le faux humour, la fausse candeur – ah! la fausse candeur…-, le faux second degré, la fausse légéreté. Oui, me direz-vous, c’est la publicité. Le fétichisme de la marchandise, comme disait Marx. Un immense sourire flotte sur le monde – le sourire du chat de Cheshire quand le chat a disparu. Le sourire du criminel quand le criminel et son crime ont disparu. Il reste une atmosphère de stupeur, de compromission, de gêne. Oui, c’est le monde dans lequel nous vivons, dégueulasse comme il est. Non, nous ne faisons rien pour qu’il change. Nous faisons des selfies en ployant bien la jambe comme on nous l’a appris. Nous soignons nos regards de biche et nos barbes soyeuses. Finalement, Coca-Cola, boisson miraculeuse des gueules de bois les plus dures, est parfaitement adapté à notre monde. Nous buvons du Coca-Cola de peur de vomir. Nous buvons du Coca-Cola pour nous punir, pour expier le fait d’accepter de vivre dans un monde où on nous caricature sur des fresques débiles. Coca-Cola, c’est l’antispasmodique de la compromission.

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