Kafka, Le château, 3

– Qui attendez-vous?

– Un traîneau qui me prenne, dit K.

– Il ne passe pas de traîneau ici, dit l’homme, il n’y a aucune circulation.

– C’est pourtant la route qui mène au Château! objecta K.

– Peu importe, dit l’homme avec une certaine cruauté, on n’y passe pas.

Puis ils se turent tous deux. Mais l’homme réfléchissait sans doute à quelque chose, car il gardait sa fenêtre ouverte : il en sortait de la fumée.

– Un mauvais chemin, dit K. pour lui venir en aide.

Mais l’homme se contenta de répondre:

– Evidemment.

Il ajouta pourtant au bout d’un instant:

– Si vous voulez je vous emmènerai avec mon traîneau.

– Oui, faites-le je vous prie, répondit K. tout heureux, combien me demanderez-vous?

– Rien, dit l’homme.

K. fut très étonné.

– Vous êtes bien l’arpenteur? dit l’homme. Vous appartenez au Château! Où voulez-vous donc aller?

– Au Château, fit K. hâtivement.

– Alors je ne vous prends pas, dit l’homme aussitôt.

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