Devant le silo désaffecté au bord de la voie ferrée
S’accumulent des trophées dérisoires
Dont l’ironie vient de leur seul déplacement
On voit un bimoteur en morceaux
Une colonne Morris
De belles américaines pourrissantes
Un vieux camion militaire
Tous attendent, un projet peut-être
Mais enfin ils attendent
Oscillant entre intentionnalité et non intentionnalité
Dans cet état qu’on pourrait appeler poétique ou ouvert
— les organes mêmes de leur fonction antérieure rendus béants par l’Ouvert qui les dévore —
Tout dépend comment on les regarde, si on les regarde ou pas, s’ils se considèrent ou pas
Leur destin s’affranchit de leur destination
Et ils décollent, irrésistiblement
Comme ce fuselage sans ailes qui pointe son museau vers le ciel gris
A Hedemora.