Origami I

Des éclairs

Ciel ardoise et bitume fumant dans la campagne qui exsude

Vaste dégagement des vallons, des prairies

Dentelle lumineuse des bocages

La pensée qui galope entre des couches d’impensé

Des bribes de pensées en éclair qui se battent avec des fulgurances de souvenirs

Sortis des photos anciennes comme d’une boîte

Direct à l’estomac

De saveurs, d’attitudes, d’accents que j’avais oubliés

Ce paysage dans lequel tu roules

Précautionneusement

C’est toi

Ces gens avec qui tu parlais tout à l’heure

— et qui portent le même nom

— et qui ont le même visage

— et qui partagent le même silence

C’est toi

Cette vie cette trajectoire cette esquisse ces bifurcations

C’est toi

On roule dans la campagne vert noir et or

Et il y a des dégagements magnifiques

Des éclairs qui menacent les toits d’ardoise

Un instant la musique électronique

Porte très exactement nos émotions

Cette pression sur le ventre et la gorge

Ces yeux qui piquent

On roule, engagé comme le passe-muraille plus qu’à demi dans sa vie.

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