Des éclairs
Ciel ardoise et bitume fumant dans la campagne qui exsude
Vaste dégagement des vallons, des prairies
Dentelle lumineuse des bocages
La pensée qui galope entre des couches d’impensé
Des bribes de pensées en éclair qui se battent avec des fulgurances de souvenirs
Sortis des photos anciennes comme d’une boîte
Direct à l’estomac
De saveurs, d’attitudes, d’accents que j’avais oubliés
Ce paysage dans lequel tu roules
Précautionneusement
C’est toi
Ces gens avec qui tu parlais tout à l’heure
— et qui portent le même nom
— et qui ont le même visage
— et qui partagent le même silence
C’est toi
Cette vie cette trajectoire cette esquisse ces bifurcations
C’est toi
On roule dans la campagne vert noir et or
Et il y a des dégagements magnifiques
Des éclairs qui menacent les toits d’ardoise
Un instant la musique électronique
Porte très exactement nos émotions
Cette pression sur le ventre et la gorge
Ces yeux qui piquent
On roule, engagé comme le passe-muraille plus qu’à demi dans sa vie.