Lariboisière

C’était de pâles dimanches après-midis de printemps, de pâles soleils. Le cœur battait fort alors et il y avait des escaliers difficiles à monter, des portes difficiles à pousser. L’angoisse était partout, dans chaque grain du monde – le monde qui semblait comprimé comme nos poitrines. Mais aussi, comme nous nous sentions vivre! Dans tout ce qui n’était pas la mort se glissait un espoir fantastique, une joie fantastique et un gratitude folle d’être en vie, d’être au monde. Tout était multiplié par dix. On pouvait habiter dans un sourire, même déformé, même timide et désolé: on pouvait habiter dans ce sourire comme dans un monde et tout redémarrer de sa vie à l’instant. Je me souviendrai toujours de ces après-midis.

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