Palma

C’était une vie de villas et de piscines, de cocktails et de rires, de regards et de silences. Une vie de Méditerranée. Chaque soir sur la plage était glorieux. Et, logés entre toutes ces étoiles, glissés entre toutes ces lumières existaient d’autres blocs de silence, d’autres constellations de secret, d’autres noires royautés de solitude. Et les ondes bleues de l’eau, la gaze fragile des conversations, la grâce rebondissante des moments, contournaient cela. L’élégance, c’était de bâtir tout de même un monde, une cosmogonie, un haut et un bas avec ce qu’on avait, avec ce qu’on pouvait décemment avouer. Une cosmogonie d’alibi, une cosmogonie du vieux monde visible, une cosmogonie du bord de l’abîme avec ses couchers de soleil dans les vapeurs du soir, traversées par les flèches d’argent des avions à l’aterrissage. De nos rêves si lointains, nous ramenions sur la table du petit-déjeuner une striure de plus dans le bois ancien, un silence glissé à dessein, un insecte inconnu de plus dans l’entomologie de nos étrangetés.

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