Shouting the word: « now! »

Toutes les lignes rouges ont été franchies, tous les garde-fous défoncés, tous les plafonds crevés – et tant de « oulalas » outrés poussés au fond de salons confortables. Derrière mon bureau dort une machine qui permet d’imprimer en trois dimensions n’importe quel objet, pourquoi pas une dent ou une rotule. Autour de moi, dans un rayon de un mètre maximum veillent sur moi mes prothèses numériques qui me confèrent une prométhéenne puissance tout en me fliquant jusqu’aux tréfonds des datas les plus intimes: et on sent bien qu’ils n’en ont pas fini, ils veulent rentrer dans mon corps les bougres! Je me demande quel effet cela fera de ranger ses applis à l’intérieur de soi? En Californie des chercheurs injectent des cellules souches humaines dans des embryons de brebis ou de truies, puis réinséminent le tout dans l’espoir de cultiver dans ces chimères homme/mouton ou homme/porc, des pancréas, des foies ou des reins humains aptes à être greffés sur des humains.

 

Monstrueux. Sommes-nous le monstrueux? Oui, nous sommes le monstrueux. La « Vie », comme diraient les plus rassis des pro-life, est finalement un processus assez gore. Il n’y a qu’à voir avec quelles pincettes les penseurs évolutionnistes du dix-neuvième siècle ont pris leurs propres découvertes pour les faire avaler à la société victorienne. Il n’existe pas, ou plus d’ordre naturel, il n’y a qu’une évolution que nos sociétés, bien plus que de l’encadrer par des lois, un morale ou une éthique à géométrie variable, accompagnent ou suivent. Nous sommes des passagers du temps et nous voguons, transformant toujours notre espèce d’un fait naturel à un fait culturel.

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